Guilde RP de la faction impériale
 
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 La traqueuse d'ombres

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freyavalcourt

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MessageSujet: La traqueuse d'ombres   Mar 25 Nov - 1:35

Chapitre Un : La délicatesse incarnée

Le Twi'lek avait cessé de hurler. Enfin. D' ordinaire, les cris de ses victimes étaient pour Freya un enchantement.  Elle s'en délectait, se nourrissait de la terreur qu'elle leur inspirait, et prenait plaisir à deviner leur souffrance dans leur regard de bête traquée. Elle aimait prolonger ses expériences autant que la résistance du sujet le lui permettait. Mais, cette fois, c'était différent.

Ses yeux sombres s' attardèrent alors un long moment sur le collier électrique que le Twi'lek portait. Comme un grand nombre de ses semblables, sa victime était un esclave. Ce qu' avait été Freya. Sa vie, tout comme sa carrière avaient commencées alors qu'elle était au ''service'' de Varek, un misérable petit seigneur sans envergure, guère plus qu'une larve de plus au sein du vaste empire du crime des Hutts mais qui se croyait l' égal de l' Empereur.

Zabrak comme l' attestait sa peau rougeâtre, ses tatouages et ses petites cornes faciales, Freya était, par la faute de sa mère, née esclave. Son enfance, qui aurait dû être une source de joie et de bonheur, n'avait été en réalité qu'une succession quasi ininterrompue de brimades, de coups et de sévices de toutes sortes. La jeune femme aurait dû selon toute logique sombrer dans un profond désespoir, comme le font ces misérables humains quand une telle chose leur arrive. Elle  n' avait jamais compris comment ces êtres inférieurs avaient pu acquérir autant d'importance dans la galaxie avec de si méprisables habitudes. Freya, elle, n'avait pas renoncé, bien au contraire...

Plus elle avait mal, plus elle s'endurcissait. Elle en arriva au point où elle désirait ardemment qu'on la frappe, elle recherchait la douleur, s'en nourrissait, s'en délectait, puisait au plus profond d'elle même pour résister.

Puis vint enfin le jour où, assez forte pour lutter à armes égales avec ses oppresseurs, elle se décida à agir. Nul ne songea à soupçonner la jeune esclave lorsqu'un des lieutenants de Varek fut retrouvé sans vie un matin. Son corps n'avait en apparence subi aucun dommage, mais à l ’intérieur, il n'y avait plus un seul organe intact. Freya avait passé la nuit a s' amuser, et cette première victime lui procura un tel plaisir qu'elle recommença le lendemain, sans prendre ne serait-ce qu'une minute pour se reposer.

Au sein du domaine du seigneur Varek, celle qui, ironiquement, allait,  au fil des ans, incarner dans l'ombre le fléau des Hutts, passait pour lâche, effacée, obéissant sans poser de questions. Une couverture qu'elle tenait à conserver, car cela lui facilitait grandement l'existence. Esclave modèle, elle était devenue experte en soins corporels, massages, manucures et autres frivolités dont raffolait la grosse limace visqueuse qui croyait avoir droit de vie ou de mort sur la douce et gentille Zabrak.

Experte, elle l' était, mais lorsque ses mains virevoltaient d'une artère à l'autre, armée de scalpels qu'elle veillait à garder aussi aiguisés que possible, les êtres  se trouvant à cet instant précis entre ses doigts agiles réalisaient avec horreur à quel point ils s' étaient trompés. On ne peut faire confiance à une ''esclave'', c'est un précepte bien connu dans la galaxie. Mais, d' ordinaire, ces ''inférieurs'' ne s' amusaient pas avec vous. Pour Freya, ce n'était pas seulement un jeu, c'était une science, avec ses impératifs, ses leçons, ses codes,  Elle pouvait passer des heures au chevet d'une future victime, la regardant dormir et imaginant mille tourments destinés à satisfaire sa soif de connaissance. Et lorsque sa proie se réveillait, il était généralement trop tard.

Ce furent pas moins de vingt nobles qui disparurent au cours des trois ans que ''Dame'' Freya - comme aimaient l ’appeler ses tortionnaires pour se moquer de sa délicatesse - passa au service des Hutts. Il est dit que toute recherche nécessite des sacrifices, et Freya prenait ce principe au pied de la lettre. Une enquête fut bien entendu ouverte, mais elle était passée maîtresse dans l'art de la manipulation, et s' arrangeait toujours pour que la moindre piste se rapprochant dangereusement d'elle soit très vite oubliée.

Regardant le cadavre encore chaud de sa dernière victime, Freya se demandait pourquoi elle avait pris autant de plaisir à le torturer. Ses proies habituelles étant des nobles. Que faisait-elle avec un esclave twi'lek ? Une simple question de loyauté. S'il y avait bien une chose que Freya détestait d'avantage que les tortionnaires, c'était les traîtres. Et le jeune esclave, dont elle ignorait le nom - ce qui lui convenait tout à fait – s' était mis en tête d'améliorer sa condition en la livrant aux Hutts. L'imbécile... Il avait, depuis, eu tout le temps de réaliser à quel point son geste était stupide.

Il fallait à présent qu'elle nettoie tout ça. Par où commencer ? Pour le corps, le rancor personnel de Varek ferait l' affaire, comme d' habitude. Mais le sang ? C'est que ça risquait de laisser des marques fort disgracieuses sur le parquet...

Freya en était là de ses réflexion lorsqu'un tumulte inhabituel se fit entendre dans la cour. Elle se crut un instant découverte et se précipita afin de ne pas être surprise devant le cadavre, puis comprit alors que ce n'était pas elle qui causait ce tapage. Elle se rendit à la fenêtre pour mieux entendre ce qu'il se disait. Et sourit en comprenant que la personne qu'elle attendait allait bientôt arriver...

Dark Teneris regarda avec dédain par le hublot en transparacier de la navette. Une foule d'inférieurs s'était massée sur le spatioport de Nal Hutta pour essayer d'entrevoir celui qu'ils considéraient comme un tyran, bourreau de leurs âmes et de leurs corps. Et dire que sa visite était censée rester secrète. Quelqu'un avait trop parlé, et il allait devoir sévir.

- Seigneur Teneris, c'est un honneur !

Le sith toisa un instant la larve humaine qui venait de s'agenouiller à ses pieds. Las ! Il débarquait à peine et éprouvait déjà une furieuse envie de faire demi-tour en ne laissant que des cendres et des corps calcinés. Mais la réunion à laquelle il se devait d'assister était trop importante pour céder à un simple caprice d'apprenti. Regardant à nouveau le bras droit de Varek s'aplatir à ses pieds, il soupira. Nul besoin de recourir à la Force pour sentir la frayeur qui animait cette loque à peine plus intelligente qu'un bantha.

- Peu m'importe l'honneur que je vous fait, humain. Conduisez-moi à votre gouverneur, et vite !

Se relevant prestement mais en veillant à rester en permanence un degrés plus bas que son visiteur, le bandit  ouvrit la marche et le cortège disparut dans un des bâtiments du spatioport.

Freya descendit du promontoire sur lequel elle s'était installée pour observer l'arrivée du seigneur noir. Teneris était connu pour sa froideur et sa suffisance, comme nombre de ses semblables, et le spectacle auquel venait d'assister la jeune Zabrak confirmait ce qui se disait à son sujet. Se drapant dans son habit, elle dissimula son visage tatoué sous sa capuche et se dirigea vers le contrôle des douanes. Elle avait juste le temps de passer chez elle prendre son équipement.

L'entrevue avec le Hutt avait été vite expédiée. Dissimulée à l'extérieur et écoutant la conversation au moyen d'un micro placé depuis un bon moment  au centre de la pièce, Freya ne put retenir un petit rire narquois. Le Hutt avait compris que même s'il se sentait honoré de la visite du Darth dans son palais, il perdrait la vie la prochaine fois que de telles fuites se produiraient. Teneris lui servait sur un plateau un coupable idéal dont elle pourrait se servir pour éloigner les autorités de sa modeste personne la prochaine fois qu'elle aurait envie d' éliminer quelqu'un. Car si les hommes de main de Varek étaient tous plus abrutis les uns que les autres, Geleni, son bras droit, remportait la palme.

La fuite venait de lui : Amateurs de boissons fortes, il avait croisé Freya, qui avait tout fait pour que la visite soit connue de tous. Elle voulait que Teneris soit aussi irrité que possible lorsqu'elle croiserait sa route.
La réunion enfin terminée, Freya se dirigea vers les appartements du seigneur noir. Comme elle s'y attendait, les quartiers de Teneris étaient spartiates, ce qui collait parfaitement à sa personnalité. Là  où la plupart des seigneurs de Dromund Kaas préféraient les trésors de toutes sortes, le sith, lui, optait pour le strict nécessaire. Ce que comprenait parfaitement Freya : pourquoi avoir besoin d'afficher sa puissance si tout le monde sait ce qu'il doit espérer ou redouter ? Ceux qui exposent leurs richesses doivent s'attendre à les perdre un jour ou l'autre.

Posée sur un bureau de simple facture se trouvait ce qu'était venue chercher la jeune Zabrak : un holojournal, qui devait rassembler toutes les informations dont elle avait besoin pour mieux connaître le propriétaire de ce précieux document. Cherchant les alarmes, les sécurités intégrées et les autres gadgets destinés d'ordinaire à protéger les possessions des puissants, Freya fut surprise de constater qu'aucun système d'aucune sorte ne garantissait l'holo contre un vol éventuel. Ce n'était pas normal, et la jeune femme redoubla de prudence, avançant pas à pas vers son objectif. Quelque chose clochait. Elle le ressentait mais ne parvenait pas à en préciser la nature. Ce fut à l'instant précis où elle posa la main sur le journal qu'elle comprit, mais il était déjà trop tard. Un éclair bleu parti du coin de la pièce alla frapper la Zabrak et la neutralisa instantanément.

Freya revint à elle quelques minutes plus tard, avec un mal de crâne carabiné et la sensation d'avoir été piétiné par un rancor.  Mais la douleur physique qu'elle éprouvait n'était rien en comparaison de la rage qui l'animait. Une rage envers elle-même. Elle avait été idiote, et son imprudence lui avait fait ignorer le plus efficaces des systèmes d'alarme : Teneris lui-même.

Comme tout seigneur noir qui se respecte, il baignait dans la Force, et avait dû  repérer la Zabrak à  l'instant même où elle avait franchi le seuil de son logis. Se dissimulant dans l'ombre, il avait observé, et décidé de châtier Freya pour son impudence et sa témérité. Lorsque celle-ci parvint enfin à ouvrir les yeux, ce fut pour se retrouver face à la silhouette imposante de Teneris, qui l'observait avec curiosité.

- Notre voleuse revient à elle... Très bien.
- Je ne suis pas...
- Une voleuse ? C'est ma foi vrai. Si c'est bien pour me dérober mon journal que vous vous êtes introduite dans mes appartements, le vol n'est cependant pas, ''Dame'' Freya, ce qui vous caractérise le plus. S'entendre nommée ainsi aurait dû  emplir de terreur la jeune Zabrak, car cela signifiait que Teneris connaissait tout d'elle, mais, à la surprise du seigneur noir, il n'en fut rien. Au contraire, elle souriait.
- Je vois que vous me connaissez bien, monseigneur. Je pensai pourtant avoir été discrète, mais cela n'a rien d'étonnant lorsque l'on sait qui vous êtes vraiment.
- Et qui suis-je, alors, jeune imprudente ?
- Un traître à l'Empire, monseigneur, tout simplement.

Tout simplement... La franchise et le sang-froid avec lesquels Freya avait accusé Teneris de ne pas être un fidèle serviteur de l'Empereur surprirent le seigneur noir. Les rares qui avaient un jour osé proférer de telles accusations n'avaient même pas eu le temps de regretter leur paroles, et ils avaient bien plus d'importance aux yeux de Teneris que la demoiselle effrontée qui se tenait devant lui.

- Savez-vous qui je suis ? rugit-il. Comment osez-vous me parler sur ce ton ?
- Ne vous fatiguez pas , monseigneur! Cette fureur qui semble vous animer ne m'effraie pas le moins du monde, car je sais qu'elle est factice. Vous n'êtes à vrai dire même pas en colère. Je vous intéresse., avouez-le. Si ce n'était pas le cas, tout ce qu'il resterait de moi à l'heure qu'il est serait un petit tas de cendres que vous ne prendriez même pas la peine de ramasser. Je sais, oui, l'orgueil est le premier pas vers une défaite assurée, mais reconnaissez au moins que j'ai raison.

   -  Admettons...dit en souriant le seigneur noir. Je vois effectivement que l'on ne vous effraie pas
facilement, mais les trois années que vous avez passée au service des Hutts, et qui expliquent votre arrogance et ce ton suffisant, ne vous protègent nullement. Alors expliquez, je vous prie, ce qui vous fait penser, au travers soit de mes actes ou de mes paroles, que vous m’intéressez? Vous n'êtes, après tout, qu'une esclave...

Si le seigneur noir s'était attendu à une réaction violente de la part de la jeune zabrak, il en aurait été pour ses frais ; mais il savait ce qu'il faisait, et le visage de Freya lui montra qu'il avait vu juste.

- Bien , je ressent votre rage, mais vous vous contrôlez. Je sais ce que vous avez dû traverser au cours de ces trois années, aussi clairement que si j'avais vécu ces épreuves moi-même. Je sais aussi comment vous avez fait face à ces humiliations. Rassurez-vous, personne d'autre n'est au courant. Vos capacités d'assassin sont évidentes, mais je ne vois pas en quoi vous pourriez m'être utile. Des meurtriers, il y en a des tas sur le territoire de l'Empire, et presque autant en dehors.

- Je n'ai jamais affirmé être une exception, un cas unique, un modèle du genre. Mais lorsque je vous ai accusé d'être un traître à l'Empire, vous avez été surpris, et non furieux comme l' aurait été un innocent. Ce qui me fait dire que j'ai visé juste. Mais entendons-nous bien. Traître, vous l'êtes, mais n'en demeurez pas moins un seigneur noir des Sith. Cela fait des années que j'observe les seigneurs qui viennent en visite ici. Avec le temps, j'ai appris à canaliser la Force et à m'en servir pour lire dans
l'esprit des hommes, des bêtes, des Sith. Je force la porte de vos âmes comme s'il s'était agi d'un coffre-fort blindé. Mais je n'avais encore jamais pu observer que des petits tyrans sans envergure, ayant plus de points communs avec ces larves de Hutts qu' avec vous, monseigneur. Ils prétendent dominer, mais sont eux même soumis à leur propre appétit de richesses. Leur lien avec la Force est puissant en apparence, mais lorsque l'on fouille un peu, on s'aperçoit que ce ne sont que de vulgaires prestidigitateurs. Ils ne font pas illusion une seconde si on sait où regarder. Vous, c'est différent. J'ai ressenti en sondant votre âme une noirceur si intense que j'en ai frissonné de plaisir. Et je sais que cette puissance, vous la bridez volontairement, pour que les autres seigneurs sith ne s'aperçoivent pas à quel point vous leur êtes supérieur. Vos connaissances viennent d'arcanes interdites. De reliques que l'Empereur lui-même a formellement déclarées comme hérétiques il y a bon nombre d'années.  Vous risquez gros, monseigneur. Et pas seulement en vous opposant ouvertement à un décret impérial. J'ai fait quelques recherches, et me suis rendue compte que ces reliques nécessitaient un esprit particulier, ni lumineux ni obscur, mais disons ''neutre'', pour être utilisées. Vous jouez sur les deux tableaux. J'ai entraperçu votre puissance, seigneur Teneris, et j'ai bien l'intention de ne pas vous laisser partir comme ça. Vous m'avez appâtée, je suis affamée. J'ai besoin de ces connaissances. Et c'est pourquoi, seigneur Teneris , je vous demande humblement de me prendre à votre service comme apprentie.

A présent agenouillée devant le seigneur noir, Freya jouait sa vie. S'il acceptait, elle serait récompensée et aurait accès à des connaissances grandioses. S'il refusait, elle serait très vite oubliée, et son nom ne serait même pas mentionné dans les holos.

- Dame Freya - et il n'y avait dans la voix du sith nulle trace de moquerie-, savez-vous ce que vous me demandez ? Réalisez-vous a quel point il me serait facile de vous ôter la vie à l'instant même ?
- Je ne le sais que trop bien, monseigneur. Mais la peur que je ressent est une vieille amie et j'ai appris avec le temps à en faire une alliée. Je ne laisserai personne, ni vous ni un autre, me priver de la destinée qui je me suis promise.

- Dans ce cas, Dame Freya, que ce surnom infamant qui vous fut donné par vos tortionnaires résonne à présent comme un avertissement pour tous ceux qui nous défieront, et un châtiment pour nos ennemis les plus acharnés. Relevez-vous, jeune apprentie, et allez en mon nom semer la mort à   travers la galaxie toute entière !


Dernière édition par freyavalcourt le Mar 25 Nov - 5:28, édité 3 fois
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Koball

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mar 25 Nov - 7:27

Jolie.

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Accueille la douleur, car elle t'apprendra beaucoup
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Tära-tylan'hem

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mar 25 Nov - 7:39

C'est très bien, voire même parfait. Comme toujours j'ai envie de dire.
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Alyssandra

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Dim 30 Nov - 1:32

Top-issime...
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freyavalcourt

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mar 2 Déc - 5:11

Chapitre 2 : Naissance d'une traqueuse d'ombres


Korriban, Académie des Sith

Vaste désert inhospitalier, Korriban était l'endroit idéal pour l'apprentissage de Dame Freya. Planète originelle des Sith, ces derniers y étaient revenus depuis peu et se consacraient à présent à la formation des acolytes, jeunes recrues qui deviendraient des apprentis aussi serviles qu'avides de pouvoir. Rares étaient ceux qui y parvenaient cependant, et pas seulement parce que les épreuves imposées par les seigneurs noirs étaient très difficiles. Korriban était réputée pour sa faune, aussi disparate que mortelle. Sur cette planète-nécropole qui abritait les plus noirs secrets des siths se terraient shyracks, tuk'ata et limaces k'lor, autant de créatures potentiellement mortelles, surtout pour celui qui ne maîtrise pas les enseignements des instructeurs.

Reconquise il y a peu, cette terre inhospitalière regorgeait de très anciens tombeaux qui dissimulaient en leur sein tous ceux qui, ayant échoué aux épreuves, ne pouvaient plus prétendre au rang d'acolyte, et encore moins, évidemment, espérer celui d'apprenti. Ils survivaient, attendant qu'un jour un de ceux qui avaient reussi vienne mettre fin à leur misérable existence. Telle était justement la tache que Dark Teneris avait confié à sa nouvelle élève. Aussi ingrate que fusse cette éradication, elle était la base du complot que fomentait dans l'ombre le seigneur noir. Si on voulait faire en sorte qu'une civilisation sorte de l'oubli, avait-il expliqué à son apprentie, il fallait garder les éléments utiles à cette renaissance et éliminer tout parasite menaçant cette évolution. C'étaient les bases même de la survie. Et les ratés de Korriban figuraient en tête de liste.

La difficulté était de faire en sorte que ni Teneris ni Freya ne soient officiellement impliqués dans cette épuration. La première tache de la jeune Zabrak fut donc de trouver le coupable idéal sur lequel retomberait la faute sitôt le plan mis à exécution. Ignorant tout ou presque des créatures vivant sur cette planète, elle commença par étudier en détail la faune de Korriban et en arriva très vite à la conclusion que si on voulait se débarrasser d'un grand nombre de personnes en un minimum de temps, il fallait confier cette tâche aux limaces k'lor, véritables fléau sur pattes et terreur des acolytes. Imaginez des limaces dont la taille serait comprise entre celle d'un humain standard et celle d'un rancor, ajoutez leur des crocs acérés et des griffes éfilées à chacune de leurs dix paires de pattes, et vous en aurez une bonne représentation. Inutile de préciser que lorsqu'un acolyte tout juste sorti des jupons de ses parents se retrouvait face un tel monstre, ses chances de survie fondaient à vue d’oeil. La plupart du temps, même, le combat était fini avant d'avoir commencé. Dame Freya en avait vu d'autres, et, à vrai dire, appréciait grandement ces petites bêtes, avec qui il lui arrivait de passer des heures entières.

La première étape était donc d'attirer les ex-acolytes au coeur même du territoire des limaces k'lor. Bien entendu, ils ne risquaient pas de s'y rendre sans un solide argument. Freya passa la journée à écouter, espionner et enregistrer les propos de ces misérables rejetés par l'Académie car bien trop faibles pour être utiles. Elle se présenta comme une alliée providentielle, et à se grande surprise, car elle pensait que ces dégénérés se laisseraient difficilement convaincre, son aide fut acceptée.

- En ce qui me concerne, leur avait-elle dit, je suis enfin parvenue au bout de mes épreuves, mais j'ai la chance d'avoir un maître compréhensif.
- Comment cela ? C'est un sith, non? Ils ne sont pas réputés pour être ''compréhensifs'', j'en sais quelque chose. lui avait-on répondu à de nombreuses reprises.
- Bien évidemment, mais il m'est arrivé par deux fois d’échouer à une épreuve, et même si j'ai senti sa déception, il ne m'en tint pas rigueur, car il savait à quel point ces épreuves sont difficiles. Je suis parvenu au bout de mon entraînement grâce à sa confiance, et je pourrai peut-être glisser un mot pour vous. Oh, ne rêvez pas, il ne vous prendra pas comme apprentis, puisqu'il m' a moi, mais il peut convaincre votre ancien maître de vous reprendre.
- Mais cela fait bien longtemps que notre maître nous a rejeté !
- Le mien sait être persuasif, n'en doutez pas. Il peut aussi vous faire quitter Korriban si vous le désirez. Après tout, qui osera lui dire quelque chose ? Acceptez, c'est dans votre intérêt.

Tout en parlant, Freya puisait dans la Force et s'en servait pour influencer la décision des exilés.

- Nous acceptons, c'est dans notre intérêt, finirent par dire ces derniers après s’être brièvement consultés, sans se douter que la Zabrak leur avait retourné le cerveau.
- Bien. Dans ce cas, retrouvez-moi aux coordonnées inscrites sur ce datapad. Grâce à son marqueur intégré, je vous localiserai sans difficulté.
- Ne tardez pas, soupira leur chef. J'en ai soupé de cette planète ! Plus vite je m'en irai et mieux ce sera.
- Ne vous inquiétez donc pas tant ! Vous n'aurez bientôt plus besoin de vous terrer dans cette caverne, je vous le promets...A plus tard alors.

Quittant sans tarder ce tombeau lugubre et poussiéreux, Dame Freya se rendit à ses appartements afin de se reposer quelques heures avant l'affrontement prévu dans la soirée. Quelques heures plus tard, armée de pied en cap, elle se rendit aux coordonnées qu'indiquait son localisateur. La cible était visiblement déjà arrivée. Parfait. Intérieurement, la Zabrak espérait que les limaces k'lor n'avaient pas tué tout le monde. Elle voulait avoir l'occasion de s'amuser un peu. La moitié des ex-acolytes étaient déjà passés de vie à trépas, et ceux qui avaient eu la malchance de leur survivre se terraient à présent derriére les rochers. Lorsqu'ils virent arriver leur ''alliée'', ils appelèrent en agitant la main.

Déterminée à jouer son rôle d'alliéejusqu'au bout, Freya élimina sans se fatiguer le moins du monde les limaces, permettant à ses futures victimes de la rejoindre.

-Vous voilà enfin! Vous ne nous aviez pas prévenu que ces monstres seraient là! J'ai perdu la moitié de mes compagnons!
- Leur mort m'a évité d'avoir à les éliminer. Et songez qu'ils ont eu de la chance, car leur trépas a été rapide, ce qui, hélas, ne sera pas le cas du vôtre...

Au sein de cet ancien tombeau oublié de tous, des cris se firent entendre des heures durant. Et lorsque Freya sortit enfin à la lumière du jour, un fin sourire se dessinait sur son visage tatoué rougi par le sang des suppliciés...

De retour dans ses quartiers, elle s'allongea et se détentit quelques heures, puis envoya le rapport relatant en détail sa dernière mission. Une fois fait, elle attendit patiemment que son maître la contacte. Celui ci fut très content d'apprendre que Freya avait réussi sa mission. La nouvelle du massacre faisait déjà la une de tous les holos. Tout le monde semblait d'accord pour attribuer ce ''tragique accident'' aux féroces limaces k'lor et à l'imprudence des victimes. Aussi, lorsqu'elle vit Teneris apparaître sur l'holo, elle ne put refréner un sourire de contentement qui fit froncer les sourcils au seigneur noir.

- Dame Freya, votre sourire signifierait-il que vous êtes satisfaite du déroulement de votre dernière mission?

- Assurément, seigneur. Ais-je tort de m'en réjouir?

- Cette mission a été couronnée de succès et vous avez le droit d'en tirer une certain orgueil. Mais songez que ce n'est que le début de notre collaboration, et qu'il reste encore énormément de chemin pour que notre plan soit un succès total. Alors concentrez-vous un peu... Votre prochaine tâche risque de vous demander bien plus d'efforts que l'élimination de quelques faibles d'esprit. Vous allez devoir vous fondre dans la masse, devenir l'ombre confidente des seigneurs noirs de Korriban, non pour les servir comme vous le faîtes avec moi, mais pour les espionner.

- Les espionner? C'est une tache ardue... Et si je suis découverte?

-Ce ne doit être en aucun cas envisagé ! Et c'est pourquoi la vibrolame que vous portez ne vous sera désormais plus d' aucune utilité. Il vous faut une lame nettement supérieure, que vous pourrez utiliser pour lutter à armes égales avec toute personne qui vous suspecterai de duplicité. Il vous faut un sabre laser.

En entendant ces mots, Freya sentit son coeur bondir dans sa poitrine. Depuis le temps qu'elle désirait une telle arme, voilà qu' aujourd'hui enfin elle était à sa portée.

- Et ou pourrais-je me procurer un sabre ? Ce n'est pas comme si ces articles se trouvaient à chaque coin de rue !

- Et c'est pourquoi vous allez vous en fabriquer un.

- M'en fabriquer un ? Mais la tradition sith veut que...

- Je sais ce que je fais, contentez-vous d'obéir. Vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin dans le plus ancien tombeau de Korriban. A vous de trouver lequel c'est. Une fois ce sabre en votre possession, vous devrez espionner les seigneurs noirs et déciderez qui doit vivre...et qui doit mourir.

Et ce fut tout. La transmission par holo cessa brusquement et laissa la jeune Zabrak seule et pensive dans la pénombre de sa chambre. C'étaient les jedi qui fabriquaient leur propre sabre, les sith, eux, se contentaient d'en récupérer un, le plus souvent sur un cadavre. Alors pourquoi son maître lui demandait-il d'agir de la sorte ? Un sabre laser... Arme noble par excellence, issue de temps ou l'honneur n'était pas un simple mot lancé à la figure d'un concurrent pour lui prouver qu'il avait tort. Seuls les siths et les jedi savaient manier de telles armes, car leur maîtrise requérait une profonde affinité avec la Force. Toute créature qui ignorait les préceptes enseignés par les cotés obscurs et lumineux ne saurait se servir d'un sabre laser sans se blesser ou se tuer. Les Jedi avaient perverti ce noble instrument en enseignant son usage à toute personne ayant la moindre affinité avec la Force, qu'elle soit puissante ou très faible. Ils en ont fait une arme destinée en priorité aux âmes veules et corrompues, aux donneurs de leçons, aux traîtres et aux lâches. Bref, une arme de Jedi. Et lorsque Dame Freya songeait à sa nouvelle lame, elle refusait toute comparaison avec ces larves de lumineux. Aussi se jura-t-elle de se fabriquer un sabre d'exception, possédant une double lame, aussi mortel pour l ’adversaire que pour son utilisateur. Encore fallait-il mettre auparavant la main sur les composants. La difficulté ne résidait pas en la récupération de cette arme, mais en sa restauration. Cela faisait des siècles que les pièces reposaient au fond de son sarcophage, et la Zabrak allait devoir s'immerger totalement dans la Force pour redonner à cette lame ce pouvoir meurtrier qui en ferait le glaive vengeur qui s'abattrait sur les faibles et les parias de Korriban.

Le trajet jusqu'au mausolée fut rapide, et l'accès à la tombe bien qu'étrangement gardé par deux serviteurs, ne lui posa aucun problème. Pas plus que les nombreuses créatures qui, attirées par l'aura maléfique que dégageait le sabre, s'étaient regroupées dans l'antichambre. Les ennuis commencèrent dans la pièce suivante. Freya ressentit une perturbation dans la Force : quelqu'un ne se trouvait pas là où il aurait dû être.

Avançant prudemment vers le sarcophage abritant l'objet de sa convoitise, la jeune sith comprit rapidement quel était le problème. Elle ressortit rapidement du mausolée. Lorsqu'elle retourna au tombeau un quart d'heure plus tard, elle avait pris ses précautions. Une fois dans la pièce principale, elle découvrit qu’un individu qu’elle ne connaissait pas se tenait devant le sarcophage et que, dans sa main gauche, se trouvaient les éléments du sabre laser que devaient récupérer Freya.

- Permettez, jeune inconscient au visage masqué, que je vous reprenne mon bien, lui lança - t-elle en pointant sa vibrolame rougie par le sang de ses dernières victimes vers la gorge de l'inconnu.

- ''Votre'' bien ? Vous voilà bien présomptueuse, dame Freya. Je n'ai pas souvenir que le code sith autorise une esclave à porter un sabre laser au côté ! Oui, je vous connais, ajouta-t-il en enlevant le masque qui dissimulait son visage. C'était un sith au sang pur. Freya en avait déjà vu a l'Académie, mais ne connaissait pas celui-ci. J'avais ouï dire, poursuivit-il, que votre maître préparait quelque chose dans l'ombre, un projet de grande ampleur qui ferait de lui l'égal des plus grands, alors je suis venu il y a quelques semaines me renseigner.

- Vous renseigner ? Et sur ordre de qui ?

- Vous n'avez pas à le savoir. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvrit votre existence, et votre prédisposition si particulière pour les assassinats ciblés et discrets. Je connais Teneris, et ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour l'empécher de nuire. Il ne mérite aucunement le titre de Darth, et je me ferai une joie de dévoiler ses plans au Conseil Noir dès que vous m'en aurez dit d'avantage.

- Vous vous imaginez que je vais trahir mon maître ?

- Bien entendu que non. Je sais que vous me résisterez un moment, mais vous finirez par me dire ce que je veux savoir. Vous voyez, vous n'êtes pas la seule a savoir vous y prendre avec les lames. Et je possède bien d'autres talents.

La zabrak se sentit tout à coup immobilisée par une force invisible. Elle vit l'inconnu se rapprocher lentement, une lame effilée dans chaque main.

- Puis-je au moins savoir à qui j'ai l'honneur de parler ?

- En temps normal je ne divulgue pas ce genre d'information. mais puisque vous allez mourir, autant que je satisfasse votre curiosité. Je me nomme Chirikyat, et suis au service d'un maître qui, lui, est fidèles aux préceptes siths. Pas comme vous. Oh, j'admet que votre méthode est intéressante, mais un brin brouillonne, si je puis me permettre. Je vais vous monter ce qu'un véritable connaisseur veut dire lorsqu'il parle de torture...

En d'autres circonstances, sans doute aurait-il réussi. Mais lorsque la jeune Zabrak avait senti qu'il valait mieux pour elle aller chercher du renfort, elle était repartie chez elle pour récupérer un sifflet très particulier, de sa conception, destiné à résoudre rapidement ce genre de problème. De nombreux tuk'ata sommeillaient dans les tombeaux où ils trouvaient nourriture et fraîcheur. Avec leurs crocs meurtriers et leur peau plus épaisse que du cuir et aussi résistante que du plastacier, ces ''chiens sith'' comme en les surnommaient, étaient de redoutables créatures. Et l'un de ses monstres avait choisi de se reposer à quelques mètres de l'entréee du tombeau où se trouvait Freya.

Comprenant aisément qu'elle ne pouvait espérer battre le sith dans l'état où elle se trouvait, la Zabrak reussit au prix d'une douleur intense à récupérer son sifflet et trois coups brefs et stridents se firent entendre, dont les sonorités aigües eurent comme résultat d'énerver le tuk'ata. Sentant brusquement le sol trembler, l'inconnu se précipita vers l'entrée pour voir ce qu'il se passait, relachant sa vigilance et oubliant quelques secondes sa prisonnière. Le temps qu'il se débarasse du monstre et réalise qu'il s'était fait avoir Dame Freya avait disparu, de même que les composants du sabre. Remettant son masque en place et réajustant ses habits dérangés par le combat qu'il venait de livrer, Chirikyat ne pût s'empêcher de sourire...Enfin une adversaire à sa hauteur...

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Tära-tylan'hem

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mar 2 Déc - 5:44

Très bien. Je met un 20/20.
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Koball

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mer 3 Déc - 2:13

Vraiment sympa^^

_________________
Accueille la douleur, car elle t'apprendra beaucoup
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Alyssandra

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mer 3 Déc - 23:28

Un vrai roman... GG tout simplement
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freyavalcourt

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mer 10 Déc - 4:34

Chapitre Trois : de bien sinistres pensées

La lame écarlate passait et repassait devant ses yeux vides et hagards. Sa tortionnaire avait le
visage masqué, mais il pouvait deviner le sourire plein de malice qui se dessinait sur ce dernier. Elle
prenait visiblement un plaisir certain à son ''travail'', ce qui n'avait rien d'étonnant lorsqu'on réalisait
qu'on était en face d'une sith de sinistre réputation.

Pourtant saisi à chaque fois qu'on retrouvait un cadavre, le Bureau d'Enquêtes Impériales avait
été à ce jour incapable de mettre un nom et un visage sur les crimes de ce ''fantôme aux yeux de
glace'', nom qui lui avaient donné des journalistes en mal de sensations. Et pendant que le Bureau
pataugeait, les disparitions continuaient. Insaisissable, le ''fantôme'' avait été classé dans les tueurs à
rechercher morts ou vifs. Mais à la différence de ses congénères, il se démarquait des autres
postulants de cette sinistre liste qui occupaient une place de choix dans les bureaux du SSI. Car bien
que faisant partie des forces de l'Empire, l'inconnue dérangeait tout le monde, Républicains comme
Impériaux, Jedi comme Sith.

Et pourtant, elle ne tuait pas sans discernement, à la différence des psychopathes qui
pullulaient dans la galaxie. Elle était plus proche des chasseurs de primes, à ceci près que ce qui
intéressait ces professionnels était la traque et non la mise à mort. Le ''Fantôme'', elle, savourait les
derniers instants de ses victimes, adorant voir la vie quitter peu à peu les yeux de ses proies au
moment du coup de grâce.

Sith de sang pur, elle n'avait que très rarement l'occasion de fréquenter les inférieurs. Elle
n'aimait pas ça, bien que sa mère lui ait appris que leur compagnie, aussi désagréable soit-elle,
pouvait cependant se révéler nécessaire pour le travail. Appréciant de tout connaître de sa proie avant
l'assaut final, la jeune sith venait de passer deux jours à espionner sa cible, et découvert que le crime
que l'employeur de la jeune impériale lui reprochait n'était pas son premier forfait.

Son dernier larcin en date lui avait rapporté la coquette somme de 200.000 crédits, dérobés à
une grande dame que sa respectabilité et son bonté d'âme avaient désigné d'office lorsqu'il avait dû
choisir une cible. Si seulement il avait su que ce geste, dont il n'était pas peu fier au demeurant, allait
lui coûter la vie... Il avait été idiot, et maintenant allait mourir.

Lorsqu'il y repensait, entre deux hurlements entrecoupés de lourds sanglots, il devait bien
reconnaître qu'il avait été très imprudent. A plusieurs reprises, il avait senti une ombre pesant sur ses
frêles épaules, et l'ambiance de la rue où il avait l'habitude de travailler, d'ordinaire chaleureuse, s'était
nettement refroidie, comme si les riverains avaient senti le danger qui le menaçait et cherché à le
prévenir, en vain. Il n'en avait pas tenu compte, et le regrettait amèrement.

Au lieu de disparaître, il était rentré tranquillement chez lui, comme chaque soir. Il habitait un
luxueux appartement dans les quartiers huppés de Dromund Kaas, acheté avec le fruit de ses larcins,
et aimait beaucoup cet endroit, qui abritait le sanctuaire sith, une enclave mandalorienne et les
bureaux du S.S.I., les Services Secrets Impériaux. Décidé à fêter son dernier vol, il s'était nsuite rendu
chez un ami qui tenait un établissement huppé.

Accoudée au bar, une demoiselle non dénuée de charme commandait verre sur verre auprès du
droïde barman. Il était clair que le jeune femme, aveugle comme le montraient des gestes mécaniques
mille fois répétés et des yeux demeurant fixes malgré le tumulte ambiant, cherchait à noyer son
chagrin. Notre voleur, qui depuis quelque temps se faisait appeler Echidius, en ignorait la cause mais
décida d'utiliser cette peine pour parvenir à l'approcher, voyant là une occasion idéale d'augmenter ses
revenus. Il entreprit de la séduire. Des années de pratique derrière lui, il voyait déjà sa victime à ses
pieds.

-Excusez-moi, mademoiselle, accepteriez-vous que je vous offre un verre ?
-Et pour...pourquoi feriez-vous ça, d'abord ? Nous ne nous connaissons pas.
-Nul besoin de connaître une jolie fille pour l'inviter à prendre un verre, il me semble.
-Je ne suis pas jolie !
- Ne dîtes donc pas tant de sottises... je suis certain que même dans ce bar, pourtant réputé
pour la piètre qualité de son public et de son alcool, de nombreux hommes apprécieraient votre
compagnie s'ils osaient vous aborder.
- Ce que vous dîtes...ce que... ce que vous dîtes là est très gentil ; mais je sais que vous ne
faîtes ça que pour me remonter le moral.
- Vous avez la jeunesse et la beauté, que demander de plus ? Certes, vous êtes aveugle, mais
un homme assez idiot pour s'arrêter à se peu de choses ne vous mérite pas. Et je dois ajouter à vos
qualités naturelles une certaine aisance financière. Bien peu ici pourraient se payer du jus de bantha,
et encore moins en consommer assez pour finir sous le bar.
Effectivement, la jeune femme était ivre. Echidius décida de jouer le tout pour le tout.
- Ah, l'argent ! soupira-t-il, sans doute est-ce le moyen le plus connu d'accéder à la célébrité et
à une vie de rêve, mais c'est aussi le moins accessible.
- Dans mon cas, je n'ai rien demandé. Je ne suis qu'une messagère. Malheureusement, la
personne à qui je devais livrer la somme en question a entre temps descendu mon employeur, trouvant
que le paiement n'arrivait pas assez vite ! Comme si les désastreuses conditions de circulation de
Dromund Kaas étaient un secret ! Du coup, je ne peux évidemment plus livrer le colis, car je suis
l'unique témoin de ce crime, et ne peux revenir voir mon employeur pour des raisons plus
qu'évidentes.
- Dois-je comprendre que vous vous promenez avec une fortune sur vous ? Ce n'est pas très
prudent.
- Au point où j'en suis...
- Comment ça ?
- Vous ignorez qui me poursuit ! Une mort rapide serait préférable aux souffrances que
m'infligeront ceux qui me recherchent si je tombe entre leurs mains.
- Il y aurait bien une solution, mais j'hésite...
- Dîtes toujours, nous verrons bien.
-Et si je vous hébergeais quelques temps ? Le quartier où je réside est tranquille, et je doute
que les criminels qui vous traquent oseront se frotter aux services de sécurité.
-Et pourquoi feriez-vous ça ? Je ne vous connais pas. Comment saurais-je que vous ne faîtes
pas tout ça pour me dérober l'argent que je transporte ?
-Ce serait le cas si j'avais besoin de cet argent, dit Echidius en sortant discrètement une pile de
crédits de sa poche. mais regardez, j'en ai assez pour vivre heureux jusqu'à la fin de ma vie. Mes
activités m'assurent un quotidien plus que confortable, et lorsque je peux aider une demoiselle en
détresse, mon coeur de gentleman ne saurait résister.
- Vous êtes sûr que je ne dérangerai pas ?
- Vous l'aurais-je proposé si ça avait été le cas ? Je vis seul, et un peu de plaisante compagnie -
en tout bien tout honneur – me fera du bien.
-Dans ce cas, j'accepte.

Dix minutes plus tard, Echidius sortit de la cantina, tenant sa proie par le bras et comptant bien
ne pas la lâcher. Ils montèrent dans son speeder et prirent la direction de ses appartements. Mais ils
n'arrivèrent jamais à destination. Notre filou était sur le point de demander ce qu'elle désirait qu'on
leur livre comme encas, quand il ressentit une vive douleur qui lui fit perdre connaissance.

Lorsqu'il se réveilla, Echidius comprit qu'il avait été pris à son propre jeu. Loin de s'amuser
avec sa victime, il se retrouvait pieds et poings liés, saucissonné sur une chaise, et celle qu'il avait
prévu d'ajouter à son tableau de chasse se tenait devant lui, une lame courant entre ses doigts fins et
agiles, outil qu'il avait hélas déjà vu entre des mains bien peu amicales. Le shikkar est l'instrument des
assassins patients et minutieux. Il est utilisé pour infliger des blessures très douloureuses mais non
mortelles. Et si on l'enduisait de poison, cette arme pouvait rendre les derniers instants d'un être vivant
particulièrement pénibles.

Le ''fantôme'' était ravi que les choses se soient aussi bien déroulées. Elle n'était pas experte en
traque, mais un ordre de son supérieur ne saurait être discuté. Lorsqu'il l'avait convoquée sur la
passerelle de son croiseur pour lui exposer le crime dont cet Echidius s'était rendu coupable, elle
n'avait pas hésité.

Elle ne voulait aucunement décevoir son seigneur. Chirikyat lui avait tout appris depuis
qu'elle était entrée à son service. C'était à ses yeux presque un père pour elle, même si elle n'oserait
jamais le lui avouer. Pour le sith, ils se devaient d'être irréprochables, afin que le travail des Services
Secrets de l'Empire soit montré en exemple. Un travail comme les aimait la jeune Deianera, notre
''fantôme aux yeux de glace''. La première tâche avait été de localiser le voleur. A présent, il fallait
récupérer les crédits dérobés. Et elle devait faire vite, car une autre mission l'attendait déjà. Les
missions s'enchainaient. On l'estimait enfin à sa juste valeur. ''Mais mieux valait se concentrer'', se
corrigea-t-elle, ''il ne s'agirait pas de rater cet interrogatoire...''.

***************

Tandis que la jeune Deianera s'amusait avec notre voleur, Dame Freya, de son côté, continuait
son oeuvre purificatrice. Désireuse de faire les choses comme il fallait, elle avait demandé des
précisions à Dark Teneris sur la dernière mission qu'il souhaitait lui confier. Il s'agissait de récupérer
un cristal d'une grande valeur.

La traqueuse d'ombres avait vu nombre de cristaux depuis sa venue au monde, et bien plus
encore au cours des deux années qu'elle venait de passer après de Teneris, mais ce dernier était un peu
particulier. Il ne servait pas à la confection de sabres, mais était plus à voir comme un holocron, car il
renfermait de précieuses informations. Teneris voulait s'en emparer avant ses ennemis, que la zabrak
devinait nombreux. Mais ce n'étaient pas eux qui l'inquiétaient.

Dissimulée parmi les ombres depuis sa prime jeunesse, Freya avait été à de nombreuses
reprises témoin involontaire de la chute de seigneurs noirs trop aveuglés par leur quête de puissance,
et elle savait par conséquent que si Teneris obtenait le cristal qu'il convoitait tant, il finirait par se
détruire en plongeant au sein de ce nouveau pouvoir. Comme elle ne voulait pas le suivre dans cette
chute, et qu'elle commençait a soupçonner son maître de jouer un sombre double-jeu, elle décida de
l'éliminer elle-même. Mais si la ''traqueuse d'ombres'' voulait réussir son projet insensé, elle devait
tout d'abord récupérer cet artefact.

Les recherches commencèrent à l'holothèque impériale de Dromund Kaas, où les Archives
apportèrent à Freya le renseignement convoité : le dernier endroit où l'on avait vu un tel cristal était
bien moins fréquentable que la capitale impériale. Glaciale et inhospitalière, Ilum était parsemée de
magnifiques cavernes dont la beauté pouvait vite se révéler mortelle. C'était dans l'une d'elle que les
Archives situaient le cristal, car on disait dans certains milieux que son dernier propriétaire y aurait
trouvé la mort. Les informations étaient au conditionnel : personne ne s'était donc risqué à aller
vérifier depuis un moment. Ce qui arrangeait bien les affaires de notre zabrak. Il allait falloir
néanmoins qu'elle prenne toutes les précautions nécéssaires : Les principaux habitants n'étaient pas de
simples autochtones, mais des jedi, les ennemis séculaires des siths.

Il existait à travers la galaxie trois mondes liés profondément aux Jedi. Deux étaient très
célèbres grâce à la place qu'ils occupaient dans les Holos. Coruscant, leur planète capitale, récemment
mutilée par les forces impériales, et Tython, la nouvelle base opérationnelle qui servait à la formation
des padawans. Pour Freya, il ne pouvait y avoir pire insulte que l'existence même de ces êtres faibles
et lâches disant vouloir apprendre les secrets de la Force, mais se contentant de rester au services de
maîtres ignorants et corrompus qui s'érigeaient en modèles dans la galaxie. La ''traqueuse d'ombres''
savait que la Force ne s'apprenait pas mais se ressentait. Il n'était par conséquent nul besoin d'avoir un
maître pour plonger en soi-même et en extraire tout son potentiel, afin d'en faire une arme au service
du côté obscur. Pour la jeune Zabrak, le principe même de maître allait à l'encontre de son
tempérament solitaire et farouche, et lui rappelait bien trop l'époque où, esclave des Hutts, elle avait
dû subir brimades et violences de la part d'inférieurs insensibles à la Force. Elle s'était jurée de ne plus
revivre ça, et les jedi allaient bientôt faire connaissance avec la ''douce'' Freya...

En dehors de Coruscant et de Tython, salis à jamais pas la présence des ''lumineux'', il existait
un troisième monde profondément marqué par ces derniers, et c'était justement là où devait se rendre
la jeune sith. Les jedi qui se rendaient sur Ilum ne le faisaient pas pour la beauté des paysages, ni
même pour le plaisir, mais pour récupérer les cristaux nécessaires à la confection de leurs sabres
lasers. Autant dire que la ''traqueuse d'ombres'' risquait fort de tomber sur un solide comité d'accueil si
elle ne prenait pas quelques précautions.

Ayant fait installer sur le vaisseau fourni par Teneris un bouclier occulteur qui la dissimulait
assez longtemps pour leurrer les radars, Freya se posa en douceur dans une plaine déserte, et
s’apprétait à sortir lorsqu’elle sentit son communicateur vibrer. Elle appuya sur le bouton d'appel et
l'hologramme du seigneur noir apparut. Ce dernier était visiblement très contrarié.

- Dame Freya, je croyais avoir été clair. La discrétion est essentielle à la réussite de cette
mission.
- J'en suis bien consciente, seigneur Teneris.
- Permettez-moi d'avoir quelques doutes à ce sujet, surtout avec ce que je viens d'apprendre. Il
semblerait qu'une autre personne soit à la recherche du cristal que nous convoitons.
-Vu son importance pour les jedi, cela n'est guère étonnant ! Si vous n'avez que ça comme
information à me donner...
- L'adversaire dont je parle n'est pas un jedi. Elle est même reconnue pour servir le côté obscur
avec un zêle qui concurrence le vôtre.
- Elle ? De qui s'agit-il ? Une chasseuse de primes, ou une de ces mercenaires sans foi ni loi ne
répondant qu'à eux-mêmes ? Ou bien l'Empire a-t-il envoyé un membre du Services Secrets à la
recherche de ce cristal ? Ah, je vois que j'ai touché au but, mais il y a autre chose, si j'en juge votre
regard. Une sith ? Qui ferait partie du SSI ? C'est inhabituel, je dois bien le reconnaître. Je frémis
d'avance à l'idée d'une confrontation. Moi qui pensait n'avoir à affronter que de misérables jedi...
- Ne soyez pas trop sûre de vous. Celle qu'on appelle ''le fantôme aux yeux de glace'' a beau
être aveugle, elle n'en est pas moins une adversaire redoutable. Soyez très prudente. N'échouez pas où
je trouverai quelqu'un de plus qualifié que vous!

Et fidèle à ses habitudes, Teneris coupa la transmission avant que Freya ait pu répondre. Si
d'ordinaire cela l'exaspérait, la jeune Zabrak lui en fut reconnaissante cette fois-ci. Car bien que les
années passées au service des Hutts lui aient appris à dissimuler pensées et sentiments, le choc avait
cette fois-ci été si violent qu'elle avait failli se trahir en entendant le surnom de sa concurrente. Le
''fantôme aux yeux de glace''... Autrement dit, Deianera, sa fille...

**********

Le Code Sith était on ne peut plus clair : Les sentiments et les passions ne doivent être utilisés
que pour une seule chose, se libérer des chaînes que vous impose la société. Et bien que Freya soit
très attachée à ce principe, elle ne put s'empêcher, lorsque la situation se présenta, de forger ellemême
une de ces chaînes, et s'y cramponnait depuis avec toute la force dont elle était capable.

Sa fille, bien qu'adoptive, représentait à ses yeux la dernière parcelle de bonté qu'il lui restait.
Quelques temps après sa rencontre avec Deianera, la jeune Zabrak s'était discrètement renseignée et
avait découvert les circonstances qui avaient conduit ce petit être fragile sur la route qu'empruntait
alors la ''traqueuse d'ombres''. Et elle eût la surprise de retrouver dans les rapports consultés un nom
qu'elle ne connaissait que trop bien. Le père de la jeune sith que Freya avait prise sous son aile n'était
autre que Chirikyat, le jeune seigneur qu'elle avait croisé deux années auparavant sur Korriban. Celuici
se faisait passer pour son supérieur hiérachique pour veiller sur elle. Lorsqu'elle y repensait, Freya
ne pouvait que s'amuser de la situation. Deux ennemis veillant chacun à sa manière sur la même
protégée, voilà qui promettait d'ici peu une rencontre des plus interessantes. Mais avant de s'occuper
du cas ''Chirikyat'', il fallait régler celui de Deianera.

La vie n'est jamais tendre avec les enfants adoptés, et Deianera ne fit pas exception à la règle.
Sith de sang pur par son père, elle rechercha sa mère des années durant, intriguée par les regards
lourds de sens de son géniteur dès qu'elle abordait le sujet. Et lorsqu'elle découvrit la vérité, le choc
fut tel qu'elle resta prostrée de longues heures sans pouvoir prononcer le moindre mot.

Dix ans aupavant, lors d'une visite sur Coruscant, le père de Deianera fit la connaissance d'une
jeune jedi nommée Briggid. Chargée de l'espionner pour son maître, il commit l'irréparable : il en
tomba amoureux. Mais la lumineuse Briggid ne voulaît rien savoir. Pour elle, un serviteur de l'Empire
ne pouvait avoir bon coeur. Et la suite lui prouva à quel point elle avait raison.

Se glissant sans un bruit, le sith pénétra un soir dans la chambre de l'élue de son coeur.
Lorsqu'il en ressortit, il ignorait que de cette unique et violente étreinte naîtrait une enfant, dont le
sang comme l'âme seraient entachés par la folie de son géniteur.

Ne pouvant être légitimement considérée comme la fille d'une jedi, elle ne pouvait être
envoyée non plus chez les sith du fait de son héritage lumineux, car cela aurait été trahir le serment
des jedi. Victime de cette logique très contestable, Deianera fut déclarée bâtarde, arrachée des bras de
sa nourrice et abandonnée dans une ruelle des quartiers sud de la ville. Elle avait failli mourir à de
nombreuses reprises, et le mauvais sort aurait fini par triompher si une apprentie zabrak n'était pas
passée par cette ruelle ce jour-là.

Ayant accompli avec célérité et efficacité la mission que lui avait confié Teneris, Freya avait
décidé de rejoindre son repaire temporaire a pied plutôt que d'emprunter un speeder de location, plus
rapide certes moins bien moins discret. Son regard avait été attiré par des habits abandonnés dans un
coin, sales mais qui remplaceraient à merveille les siens, tâchés du sang de sa dernière victime. Quelle
ne fût pas sa surprise lorsqu'elle découvrit au beau milieu de ces haillons un bébé a demi mort de froid.

Ce petit être dégageait une énergie si inhabituelle que la Zabrak sut qu'elle devait la prendre
avec elle. Rendu aveugle par les dures conditions auquelles il avait dû faire face, le bébé ne s'aperçut
pas tout de suite de sa présence, mais lorsqu'il comprit à qui il avait affaire, il se blottit entre les bras
de sa mère adoptive sans pousser le moindre cri. Il se savait en sécurité.

Il fallut plusieurs années d’entraînement pour que la jeune Deianera commence à considérer sa
cécité comme un atout, une arme, et non comme un handicap. Ne pas se laisser influencer par ses
yeux, mais faire confiance à ses sensations, afin de se dissimuler au regard des autres, est une des
nombreuses choses qu'apprit le ''fantôme'' au contact de sa mère adoptive. Elle lui enseigna également
à se servir de ses charmes pour attirer ses proies, lui préconisant de jouer les faibles pour mieux ferrer
ses victimes, et en fit une tueuse accomplie.

Confiée à un orphelinat sur Hoth, Deianera grandit loin des intrigues des sith et des jedi, et les
obligations de Freya l'avait empéchée de garder un oeil sur sa fille, même si elle était au courant des
activités de sa fille via les holos relatant ses hauts-faits. Ce qu'elle regrettait amèrement à présent, car
la confrontation qui s'annonçait risquait fort d'être violente.

Ce qu'elle ignorait, c'est qu'elle n'était pas la seule à être en pleine traque, et que les
évenements qui n'allaient pas tarder à se déclencher bouleverseraient son existence toute entière....
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mer 10 Déc - 5:17

Chapitre très long mais très bien ^^
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 19 Déc - 1:24

Chapitre 4 : une question d'honneur

En pénétrant dans le Temple, Freya fut saisie par l'atmosphère si
particulière des lieux. Y régnait un calme surréaliste, auquel s'ajoutait une
solennité que la zabrak n'avait retrouvé qu'en deux endroits : le sanctuaire Jedi
de Tython et l'Académie de Korriban. Trois zones à risque pour notre traqueuse
d'ombres, trois sanctuaires qui baignaient littéralement dans la Force. Pas
étonnant que la faune d'ordinaire si agressive ne m'ai cette fois-ci posé aucun
problème, songea la zabrak avec un sourire.

Si on ne lui avait pas demandé de venir avec insistance, sans doute ne
serait-elle pas là, mais cela avait semblé important. Freya connaissait les lieux
pour y être venue a plusieurs reprises ces dernières années, mais comme elle
n'avait aucune envie d'affronter des padawans aveuglés par leur formation, elle
se dissimula dans un habit amples aux couleurs claires qui, même s'il n'était que
peu confortable, avait le mérite de la faire ressembler à nombre d'élèves du
Temple.

Il fallut à Freya traverser trois autres pièces et une multitude de couloirs
avant d'arriver dans la chambre qu'occupait Deianera. Pour le monde extérieur,
la sith était une redoutable utilisatrice du côté obscur, mais ici, la situation était
toute autre. Celle que l'on surnommait ''Le fantôme aux yeux de glace'' n'était
qu'une étudiante essayant de maitriser des pouvoirs à la fois séduisants et
terrifiants.

Lorsqu'elle apprit que sa fille adoptive avait décidé de tourner le dos aux
pratiques obscures pour se consacrer à l'étude des puissances lumineuses, Freya
fut surprise par sa propre réaction. Ni rage, ni colère, ni haine. Simplement de la
compréhension. Les faits étaient certes difficiles à admettre, mais la situation
n'en était pas moins réelle, et elle n'y pouvait rien.

Depuis des centaines d'années, Siths et Jedis se livraient une guerre sans
merci, chaque victoire poussant les deux camps à encore plus de violence et de
morts. Celaavait été son quotidien des années durant, mais aujourd'hui, Freya en
avait assez. Elle comprenait et acceptait les préceptes siths, mais ne désirait pas
voir la galaxie ruinée par le comportement de hauts gradés ne voyant la guerre
que depuis un holoterminal. Qu'on ne s'y trompe pas : sur un champ de bataille,
la Traqueuse d'Ombres était redoutable, et prenait plaisir à lutter contre les
Lumineux, mais ici, au sein de ce havre de paix, les choses étaient très
différentes. Redoutables adversaires en combat, les Jedi pouvaient se révéler de
formidables professeurs. Certes, il y avait autant de fanatiques dans leurs rangs
que dans ceux des Siths, mais lorsque Deianera avait dû choisir ses professeurs,
Freya avait fait en sorte que ces derniers ne fassent pas partie de ces illuminés
avides de destruction qu'elle croisait sur les champs de bataille.

Plongée dans ses pensées, elle n'entendit qu'à la toute dernière seconde la
personne qui s'approchait. Ne prenant pas la peine de se retourner, elle
sermonna la visiteuse :

- Deianera, je sais que nous sommes en terre de paix, mais ce n'est pas
une raison pour ignorer ce que je t'ai appris. Tu ne dois jamais laisser personne
deviner que tu te trouves dans son dos, prête à frapper.
Le petit rire que laissa échapper sa fille la fit sourire, mais, lorsqu'elle fit
volte-face, elle ne put s'empêcher de remarquer le voile d'inquiétude qui
troublait son visage.
- Qu'as-tu donc ? La situation est donc si grave ?
- Je le crains. Vous savez, mère, que je ne suis pas du genre à m'alarmer,
mais cette fois, les données transmises par le SIS sont formelles. Teneris se sert
de vous, et si vous continuez à agir comme il vous le demande, je redoute ce qui
arrivera.
- La manipulation est tout un art chez les siths. Et je ne pense pas que le
Seigneur...
- Teneris n'est pas un seigneur noir, et ne l'a jamais été.
- Comment ca ? Il est pourtant craint et redouté sur Korriban, Dromund
Kaas et de nombreux autres mondes imperiaux.
- Nul besoin d'etre sith pour cela. Regardez-moi. J'ai décidé en mon âme et
conscience de tourner le dos aux ténèbres, mais n'en reste pas moins redoutée
aussi bien par les proies que l'on m'ordonne d'éliminer que par mes employeurs.
Endosser une fausse identité n'est pas chose aisée, mais bien choisie, elle peut
pousser l'ennemi à jouer le jeu jusqu'au bout. Et pour Teneris, l'ennemi, c'est
vous, mère.
-Cela fait un moment que je sens que quelque chose cloche chez ce soidisant
seigneur, mais j'ai mis ça sur le compte de atmosphère si particulière de
Nar Shadaa. Pas étonnant que ce monde soit un territoire hutt, il n'y a que ces
grosses limaces qui soient assez retorses pour élever le vol et le meurtre au rang
de métiers parfaitement légaux. Bon... Il va donc falloir que je m'occupe
personellement de Teneris, et ce bien plus tot que je ne l'avais envisagé.
-Voulez-vous que je vous assiste, mère ? Je suis prête.
-Ne va pas te mettre en danger inutilement. Ton heure viendra, sois
patiente.
-Bien, mère.

Toutes ces années loin de sa fille avaient fait sentir à Freya à quel point elle
tenait à Deianera. Cette relation qui ne devait absolument pas se savoir, aussi
bien des siths que des jedis, sous peine de leur couter très cher, lui faisait
cependant un bien. fou. Parfois, la zabrak se demandait ce qui'aurait été sa vie si
elle n'avait pas été esclave, mais ces pensées se dissipaient bien vite face au
cynisme de la réalité du monde dans lequel elle était bien obligée de survivre.

-Sinon, ton apprentissage se passe bien ?
-A merveille. J'aurai cru qu'en debarquant ici après plusieurs années au
service du côté obscur cela aurait été plus difficile à gérer. Heureusement, Maitre
Oyakut est très attentionnée avec moi. J'ai une ou deux fois été tentée de faire
comprendre à certains plaisantins que leurs plaisanteries n'étaient pas drôles,
mais elle leur a expliqué longuement que ma cécité ne devait aucunement être
un sujet de railleries, puis nous a réuni au terrain d'entraînement et m'a
autorisée, dans les règles, a corriger ceux qui se moquaient.
-J'en connais qui ont dû souffrir...Il faudra que je la rencontre un jour, cette
jedi. Elle m'a l'air pleine de bon sens. Bon, ce n'est pas que je souhaite partir,
mais ma présence risque de perturber les méditations de tes camarades, et puis
j'ai un seigneur sith à éliminer. Ah, si, une dernière chose...

Prenant dans la poche de sa tunique un objet pyramidal, elle le glissa entre
les mains de sa fille.

- Teneris m'a dit que tu recherchais ce cristal. Je ne veux pas savoir pour le
compte de qui. Sache seulement que je prèfère le voir entre tes mains qu'entre
celles de mon soi-disant maître. Je l'ai camouflé dans un holocron pour que ce
soit plus discret. Selon Teneris, c'était pour tes supérieurs du SIS, mais te
connaissant, j'en doute. Non, ne m'interromps pas. Je tiens à ce que tu l'ai, car je
sais que tu en prendra soin. Cependant, fais attention, je sens que ses secrets ne
doivent pas être pris à la légère. Utilise-les si tui t'en sens capable, mais avec
mille précautions, je t'en conjure.
-Bien, Mère. Faites attention à vous également.

Quittant à regret Deianera, la Traqueuse d'ombres remonta dans le petit
vaisseau que lui avait confié Teneris, et mis le cap vers Nar Shadaa, lieu de
résidence du seigneur noir. Elle s'amarra au spatioport puis demanda à un
droide-taxi de la conduire au Casino. Son ''maître'' aimait jouer gros, trichant en
toute impunité grâce à ses capacités. Sauf que cette fois-ci, il avait joué avec le
feu, et allait se brûler.

Elle le trouva en train de ruiner un riche industriel à la table de dejarik,
attendit patiemment que la partie soit finie, puis fit signe à Teneris qu'elle voulait
lui parler en privé.

- Eh bien, des nouvelles du cristal, râla celui-ci, visiblement contrarié de ne
pas poursuivre la torture financière qu'il prenait plaisir à infliger à sa victime d'un
soir.
- Je l'ai trouvé.
- Où est-il ? Vous l'avez avec vous ?
-Non. Je l'ai mis en sécurité, ce qui veut dire loin de vous.
- Qu...Quoi ?
- Vous m'avez bien entendu, ''seigneur''. Ou devrais-je dire ''Maitre''
Teneris, plutôt ? C'est par ce titre que sont désignés les hauts dignitaires jedi,
non ?

Freya s'attendait à ce que le faux sith lui saute à la gorge, mais il n'en fit
rien. Les informations glanées de son côté par la traqueuse d'ombres pendant
son voyage vers Nar Shadaa étaient donc exactes : en dehors des quelques
éclairs que connaissait fort bien Freya, et de deux ou trois tours de passe-passe,
Teneris n'était pas plus sith que les dirigeants de la ville-planète où il se terrait.

Face à son accusatrice, il se contenta de faire front un moment en silence, puis
essaya de l'intimider :

- Tu imagines pouvoir sortir d'ici vivante ?
- Je n'imagine rien du tout, je le sais. Oh, vous pouvez toujours appeler vos
serviteurs, mais songez à deux choses : je suis tout à fait capable de les
neutraliser, même sans avoir à utiliser mon sabre, et même si je devais en
arriver là, je doute qu'ils apprécient que je leur raconte ''qui'' est vraiment leur
maitre. Les Hutts ne supportent pas d'être roulés, et ça, ,vous le savez aussi bien
que moi. Alors à défaut d'avoir du courage ou de l'honneur, utilisez donc le peu
de sagesse que vous avez, si cela vous est possible,

Et, lui tournant le dos, elle sortit sans un bruit du casino. Elle ne doutait
pas que Teneris lancerait des hommes à sa suite, ne serait-ce que pour être sûr
que son secret en resterai un, mais la galaxie était suffisamment grande pour
que cette traque prenne des lustres, ce qui laissait à Freya le temps de se
préparer.

De retour dans son vaisseau, elle s'allongea quelques instants,
réfléchissant à la situation. Elle se retrouvai sans destination, sans contacts, et,
ce qui était encore plus préoccupant, sans but. Qu'allait-elle donc faire de ses
journées, maintenant qu'elle était enfin libre ?

Ses yeux glissèrent un court instant sur la table de travail qui lui servait à
ses recherches. Il y avait bien un domaine, en effet, qu'elle affectionnait
particulièrement. Mais aimer ça ne faisait pas d'elle une experte. Elle allait
devoir se perfectionner.

Quittant l'orbite de Nar Shadaa, elle mis le cap sur Belsavis, planète-prison
de sinistre réputation dont lui avait parlé sa fille quelques temps auparavant. Elle
avait besoin d'un expert, et les cellules de la République devaient bien abriter
quelques empoisonneurs...
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Tära-tylan'hem

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 19 Déc - 7:45

J'en ai marrre de me répéter: toujours aussi parfait
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freyavalcourt

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mar 6 Jan - 19:19

Chapitre 5 : Nouvelles perspectives


Belsavis

Malgré la guerre qui faisait rage dans de nombreux mondes et dans l'espace, défendre la Nature et les espèces menacées demeurait une noble cause. Cependant, cette tâche colossale pouvait vite se révéler mortelle, surtout sur une planète aussi sauvage que Belsavis. Planète-prison choisie pour mettre en quarantaine les plus dangereux criminels de la galaxie, elle abritait également de nombreux spécimens de faune et de flore introuvables ailleurs, ce qui aurait pu intéresser la Traqueuse d'ombres si elle n'avait pas une cible précise en tête. Freya ne visait aucun de ces monstres. Elle voulait se concentrer sur celle qui était considérée comme un véritable fléau sur de nombreux mondes : les rakgoules.

Le spécialiste que la zabrak avait rencontré avait beau être enfermé dans la zone de haute-sécurité, il n'en restait pas moins un ponte dans son domaine. Ses propres recherches sur le venin des rakgoules avaient servi les intérêts du SIS pendant des années avant que les politiques du Sénat ne décident du caractère ''criminel'' de cette utilisation et ne l'enferment sur la planète-prison.

Utilisant la Force pour se faire passer pour une servante du côté lumineux, Freya avait atteint les cellules sans encombre et soutiré tout ce qu'elle pouvait du spécialiste, puis s'était mise en quête de spécimens viables pour ses propres recherches.

La principale difficulté était surtout de trouver les rakgoules. Originaires de Taris, ces petits monstres pâles aux griffes et aux crocs acérés que Freya appréciait tout particulièrement avaient essaimé dans la galaxie grâce aux technologies de leurs victimes, embarquant clandestinement sur des vaisseaux ou des navettes puis commençant leur colonisation en dévorant tout imprudent passant à leur portée. Belsavis était certes la dernière victime de ce fléau, mais le nombre de rakgoules étant bien plus faible que sur Taris, il allait sans doute falloir à Freya quelques jours de recherche pour obtenir ce qu'elle cherchait.

La traque porta ses fruits bien plus tôt que prévu. En fin d'après-midi, elle localisa un nid de rakgoules et tomba sur une petite famille en plein dîner. Se rapprochant tout doucement, elle put à loisir observer les moeurs de ces créatures étranges créees à l'origine par l'alchimie sith mais devenues depuis aussi dangereuses pour les républicains que pour les impériaux.

Tout à coup, le comportement de la meute que la Traqueuse d'Ombres étudiait changea. Quelqu'un approchait, et le faisait sans prendre toutes les précautions d'usage. Qui que soit cet inconnu, il allait se faire massacrer, et n'aurait même pas le temps de se défendre, même s'il était évident pour Freya que ce n'était pas un simple promeneur. Elle le sentait approcher, ce qui impliquait qu'il s'agissait d'un sith, d'un jedi, ou encore d'un représentant d'un de ces peuples sensibles à la Force. Se dissimulant sous les feuillages, la zabrak se prépara à accueillir l'intrus.

Ce fut non pas un mais deux hommes qui arrivèrent dans la clairière. Un soldat, en uniforme impérial, et un miraluka. Ils avançaient sans prendre soin de se garantir contre éventuels dangers, et la peur que ressentait le militaire était si forte que Freya pouvait la ressentir de là où elle se trouvait. Elle décida de se dévoiler, comptant sur l'effet de surprise pour prendre l'avantage en cas de réaction belliqueuse du petit groupe.

-Je serai vous, messieurs, je n'avancerai pas...Ces petites bêtes sont aussi affectueuses qu'un gundark.

-Qui...qui est là...balbutia le soldat.

-Montrez-vous, sith ! clama le miraluka.

-Oh, mais avec plaisir, messieurs, ricana la zabrak en sortant des fourrés. Permettez que je me présente : Dame Freya, empoisonneuse.

-Empoisonneuse ? Drôle de façon de se présenter, même pour une sith...Oui, jeune dame, ce n'est pas parce que je suis dépourvu d'yeux que je ne vous vois pas. Vous n'êtes pas aussi ordinaire que vous voudriez le laisser paraître. Ceci dit, peu m'importe. Je dois avouer que cela fait du bien de parler à autre chose qu'à des militaires. Que venez-vous chercher ici ?

-De quoi continuer mes recherches, sith. Eh oui, vous n'êtes pas le seul à ressentir des choses à travers la Force. Et vous avez de la chance que je ne sois motivée que par les rakgoules, lumineux... Ces créatures derrière nous feront de parfait spécimens pour un projet que je désire mettre en oeuvre.

-Recherches qui sont dirigées vers les Républicains ou les Impériaux ?

-Je suis une sith, vous l'avez dit vous même, par conséquent vous avez votre réponse, il me semble.

-Je ne sais trop...Votre aura est assez trouble. Je vois que vous êtes sith, mais ne parviens pas à discerner quel côté de la Force vous servez...Quelque chose en vous perturbe ma perception, ce qui ne m'était pas arrivé depuis un moment. Bien, puisque nous traquons le même gibier, accompagnez nous si vous le désirez. Rejoignons le reste des soldats et remettons-nous en route.

La troupe, constituée de trente hommes, se réduisit peu à peu au fil des kilomètres, et, bientôt, il ne resta que cinq personnes : Freya, le Miraluka, et trois soldats. Ces derniers restaient groupés, ne sachant s'ils devaient avoir peur des rakgoules ou de leurs compagnons. La zabrak, surtout, leur fichait une trouille bleue. Lors des deux dernières attaques que la troupe avait dû essuyer, elle n'avait pas hésité à sacrifier des hommes pour s'assurer un avantage tactique face aux rakgoules affamées. Les oreilles de Grebel, un des soldats survivants, ne parvenaient pas à oublier les cris des malheureux précipités entre les griffes empoisonnées des Démons de Taris. Il en était venu à espérer tomber dans une des nombreuses fosses piégées placées pour éliminer les prédateurs. Au moins, ce trépas là serait instantané.

Progressant mètre après mètre, la petite troupe finit par arriver dans une clairière où régnait un calme étrange. Nulle trace de rakgoules, et, pourtant, de nombreux nids s'y trouvaient.

-Vous le sentez ? demanda Freya à son compagnon.

-Ce serait difficile de faire autrement. Elles sont là, toutes proches, et, pourtant, elles ne bougent pas. Et contrairement à nos hommes, ce n'est pas vous qui les effrayez.

-Très drôle...Bon, que faisons-nous ?

-Avançons, mais prudemment.

Agenouillé au milieu des herbes folles rougies par le sang des victimes des Démons de Taris, un soldat impérial était occupé à dévorer une carcasse qui avait été humaine. Le miraluka se rapprocha prudemment de l'inconnu, sabre activé, pour se garantir contre toute attaque éventuelle.

-Eloignez-vous de cette carcasse, soldat, et identifiez-vous !

Sa demande se heurta à un mur. L'impérial gardait le silence, bien trop occupé à finir son repas. Comprenant qu'il n'obtiendrait rien tant que ce dernier n'aurait pas fini son repas, le miraluka s'agenouilla et entra en méditation vigilante, ce qui lui permettrait de patienter sans pour autant baisser sa garde.

La carcasse était assez imposante, et ce ne fut qu'à la nuit tombée que le soldat daigna laisser les os rougis pour se tourner vers les visiteurs. Pas aussi patiente que son compagnon, Freya avait passé le temps en éliminant les rakgoules les plus proches. Lorsqu'elle revint, elle trouva l'inconnu en pleine discussion avec le sith. Visiblement, la communication était à sens unique.

Lassée de ce petit jeu, la zabrak décida d'accélerer un peu les choses et envoya un éclair de Force qui alla frapper le soldat et le fit grogner de douleur. Sa réaction fut d'une rare violence, mais les assauts d'un soldat de choc de l'empire, aussi doué soit-il, ne pouvaient rien face aux capacités de la Traqueuse d'ombres. Activant son double sabre, elle contra aisément les coups de poing et les tirs de blaster de son adversaire, puis renvoya un éclair, ce qui mit fin aux agissements belliqueux du militaire.

-Maintenant, cela suffit ! gronda Freya. Votre nom, soldat, et les raisons de votre présence. Une explication sur votre comportement ne serait pas de trop non plus, avant que je ne me fâche !
-Doucement, Dame Freya, temporisa le miraluka. Il me semble plus effrayé que dangereux. Allons, mon brave, calmez-vous et répondez à nos questions afin que ma collaboratrice ne se sente pas obligée de vous électrocuter à nouveau.
-Rahhh...non, pas d'éclairs.....éclairs nous font mal...Nous pas méchants, nous gentils...Nous peur, c'est tout.
-Nous ? de qui parlez-vous ? Vous avez d'autres compagnons ici ?
-Meute former un seul corps, un seul esprit. Meute nourrir et protéger, protéger Skinners.
-Skinners ? C'est vous, ça ?
-Oui, moi, Skinners.
-Voulez-vous me parler de vos amis, Skinners ? de vos compagnons ?

La discussion se prolongea toute la nuit, et, le matin, le soldat semblait presque redevenu normal. Freya le conduisit à son vaisseau afin de lui faire subir des tests. Elle ne cherchait pas uniquement à la guérir, mais aussi a comprendre ce qui avait bien pu pousser un humain à intégrer une meute rakgoule, et celle-ci à l'accepter.

Le miraluka, de son côté, fut troublé par l'équipement et l'agencement du vaisseau de Freya. Pour l'avoir observée, il savait qu'elle n'était encore qu'une apprentie, ne possédant ni la maitrise de son sabre ni la soif de puissance d'un seigneur. Et pourtant, tout ce qui l'entourait suggérait un rang bien plus élevé, des connaissances bien plus pointues, et ce qu'il ressentait en fixant son attention sur la Zabrak le troublait également. Comme il le lui avait signalé, il ne pouvait se décider quand à son allégeance. Elle agissait comme une sith, mais son esprit était confus, inclinant vers la lumière ou les ténèbres selon les circonstances. Une partenaire très troublante.

-Vous en avez fini avec ce malheureux ?

-Tout à fait, seigneur. Bien. Je vais vous demander de descendre. Et emmenez donc votre homme. Espérons que vous trouverez quelqu'un de compétent pour le guérir.

-Ne vous inquiétez donc pas. Le docteur Nimu est très compétente. Si un jour vous désirez utiliser vos compétences autrement que pour votre plaisir personnel, Dame Freya, contactez-moi. J'ai laissé une datapuce avec mes coordonnées. Je vous ai observé. La confrérie Odojinya saura employer de telles connaissances.

- Qui vous dit que j'ai besoin d'employeurs ?

- Tout ce qui nous entoure est destiné à des projets ambitieux de biochimie, mais des projets limités. Et votre volonté d'effectuer au mieux les recherches qui vous tiennent à coeur va se heurter bien vite au manque de matériel de pointe. Réfléchissez-y, et vous verrez que j'ai raison.

- Cela pourrait se faire... Travailler seule n'est guère intéressant sur le long terme. Odojinya, avez-vous dit ? J'y réfléchirais. Mais, dites-moi, je ne connais pas votre nom, seigneur.

- A-shaka Tanathos. Croyez-moi, je sens que vous pourriez être un atout pour notre Confrérie. Ce fut en tout cas une expédition intéressante. Tenez-moi informé, que je sache si je dois vous présenter à notre Jen'ari, le Seigneur Koball. Au plaisir de vous revoir un jour, Dame Freya...
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mar 6 Jan - 19:20

Chapitre Six : un si doux venin

Trois mois plus tard

Agenouillée au centre de la tente, la jeune femme, plongée en pleine méditation, semblait totalement étrangère au monde qui l'entourait. Certes, le campement des Hommes des sables se trouvait en plein désert, mais un tel comportement aurait pu sembler quelque peu étrange à qui ne connaissait pas de tels rituels.

La méditation servait non seulement à se ressourcer, à soigner les blessures et calmer les douleurs physiques et mentales, mais la personne plongée en pleine transe s'ouvrait également à la Force, se livrait totalement, ce qui lui permettait de savoir en permanence ce qui se trouvait autour d'elle. Autant dire que la silhouette qui s'approchait de la tente n'avait pas la moindre chance de réussir à surprendre la jeune sith.

Armée d'un poignard en cortosis , l'assassin, une notolan, se faufila par l'ouverture et se glissa sans un bruit à l'intérieur. Elle prit quelques secondes pour évaluer la situation et ne put s’empécher de sourire : sa cible était agenouillée et lui tournait le dos, tandis que son arme était posée à cinq mètres de là, abandonnée sur une table. Cela allait être un véritable jeu d'enfant.

Soudain, alors que le poignard allait s'enfoncer à la base du cou de la réveuse, la notolan vit le sabre laser de sa victime s'envoler depuis la table pour atterrir dans sa main, et cette dernière, sans prendre la peine de se relever, pivota pour aller frapper son agresseur à la gorge. Tout fut réglé en un dixième de seconde, et la tête de l'assassin alla s'échouer dans un recoin de la tente tandis que son corps s'effondrait sur le sable chaud.

Désactivant et replaçant son sabre sur son support, Deianera se redressa, jetant à peine un regard au cadavre qui souillait son sanctuaire. Elle était déçue. La notolan n'était même pas une sith, juste une mercenaire. Elle s'attendait à ce que le défi l'amuse, à défaut de l ’entraîner. Mais c'était déjà le troisième à tenter sa chance, et elle n'avait toujours pas ressenti le frisson qu'elle recherchait. La prochaine fois, peut-être...

Cela faisait une semaine que la jeune sith avait établi son campement sur Tatooine, et elle avait déjà envie de repartir. Mais la mission que lui avait confié son maitre, le seigneur Koball, ne devait souffrir d'aucun retard. Deianera savait ce qu'elle risquait si elle échouait. Et elle ne pensait pas uniquement à la réaction de sa mère, qui avait insisté pour lui montrer en quoi consistait le travail de la Confrérie. Freya voulait que Deianera étudie autant le coté obscur que le coté lumineux et l'avait donc présenté à son maitre, Koball, afin qu'il la forme au côté obscur.

De terribles histoires circulaient à propos de ce seigneur noir, et elle se doutait que les rumeurs qui couraient n'étaient qu'une partie infime de la vérité.

Il était né dans une famille noble de Dromund Kass, une bande d'inutiles dont toute la capitale se moquait. Chez Koball, le côté obscur était très fort, et scella aussi bien son destin que celoui de ses parents. Tout petit, il se mit à percevoir des murmures dans sa tête. D'un naturel réservé, il n’avait pas d’amis, car il effrayait les autres enfants. Son regard, surtout, vide et glacial.

Plus il grandit, plus les murmures devinrent distincts, jusqu'à se transformer en hurlements : « Tue les tous, tue les tous ». Les pouvoirs de Koball se développèrent aussi : prenant du plaisir à torturer des petits animaux avec ses pouvoirs, il faisait peur aux esclaves, qui se sentaient mal à l ’aise en sa présence et évitaient son regard. Il chercha à faire taire les voix dans sa tête, en pure perte. Les années passant, il finit par s'y habituer puis les accepta comme une partie de lui-même.
Nul ne sait ce qui le poussa à passer à l'acte. Les voix, la soif de puissance, l'envie de liberté, peut-être tout ça à la fois. Toujours est-il qu'un soir, il massacra ses parents en utilisant le sabre laser paternel. Son frère n'eût la vie sauve que parce qu'il avait passé la nuit à écumer les cantinas de Kaas City.

Depuis, le jeune sith était devenu un puissant seigneur craint et respecté, et le maître de Deianera, à qui il avait demandé de se charger d'une mission délicate afin de prouver sa valeur : récupérer une précieuse cargaison sur Tatooine. Aucunes coordonnées ne furent transmises à la jeune sith. A elle de se débrouiller pour localiser le vaisseau et s'emparer de son contenu.

Le désert de Tatooine était non seulement mortel pour tout être vivant ou mécanique qui s'y aventurait, mais il était également si vaste que la jeune sith allait mettre des mois à tout fouiller si elle ne trouvait pas un moyen pour être aidé par la population locale.

Ayant convaincu l'agent Bagor de l'aider, Deianera s'infiltra parmi les autochtones, les Hommes des Sables. Peuple de nomades, ils se protégeaient des deux soleils de la planète en revêtant un épais manteau et en couvrant de bandages leur tête et leurs pieds. Leur bâton, muni d'une lame empoisonnée, et leurs talents naturels leur permettant de survivre à la faune hostile de la Mer de Dunes en font de redoutables combattants, fiers et loyaux, de grands guerriers que Deianera respectait et considérait comme les seuls habitants dignes d'intérêt de la planète.

Ayant compris que les Hommes des Sables étaient les plus à même de la guider au sein de ce vaste désert, elle avait décidé de partager leur quotidien, et, depuis une semaine, vivait dans une tente, certes aussi spacieuse que confortable, mais qui n'avait rien à voir avec les appartements de Nar Shadaa que sa mère lui prêtait lorsqu'elle venait la voir.

S'apercevant que la nuit commençait à tomber, la jeune sith fit évacuer le cadavre de la notolan, préparer sa couche, puis, après s'être assurée que toutes les entrées étaient piégées, elle s'allongea et sombra dans un profond sommeil.

D'ordinaire, la lumière du jour suffisait à la réveiller, mais cette fois, ce fut tout autre chose qui
la tira de sa torpeur. S'habillant en vitesse, elle se glissa à l'extérieur et s'aperçut que tout le campement était la proie d'une profonde agitation.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle à Bagor.

- Un éclaireur a localisé l'épave que vous recherchez.

- Qu'est-ce qui leur fait dire que c'est la bonne ?

- On ne demanderai pas à un maitre jedi de protéger une cargaison d'épices. Le chargement doit être bien plus important.

- Dans ce cas, faisons vite. Je suppose que vous ne venez pas avec nous ?

- C'est votre épreuve, jeune sith, pas la mienne.

Il fallut moins d' une heure pour rejoindre les lieux, et les Tusken ne rencontrèrent aucune résistance sur le trajet. Dans le désert, le danger, c'était eux. Arrivés devant le vaisseau qui fumait abondamment, les hommes des sables se mirent en position puis firent signe à la jeune sith d'entrer en action. Celle-ci décida d'attirer le gardien loin de son butin pour permettre à ses compagnons de s'en emparer. Elle opta pour une attaque frontale.

-Tiens donc, mais qu'est ce qui peut attirer un Jedi sur Tatooïne ?
Le gardien , loin d'être déstabilisé, sourit face à la provocation de Deianera.

- Je ne vois pas en quoi cela vous regarde. Nous ne sommes pas en territoire impérial, que je sache.
- Effectivement, mais cela ne m'empêchera pas de m'emparer de cette cargaison. Ne m'obligez pas à vous faire du mal. Je n'ai rien contre vous, mais si vous ne vous écartez pas, cela finira mal.

- Une voleuse qui s'excuse pour le larcin qu'elle espère commettre ? J'aurai décidemment tout vu.

- Une voleuse ? Ne m'insultez donc pas. Je suis une sith, pas une vulgaire mercenaire.

- Une sith ? Alors vos instructeurs ne vous ont rien appris, jeune dame qui cache son visage
derrière un masque. Ignorez-vous que nulle attaque, qu'elle soit physique ou verbale, ne saurait
faire reculer un jedi en mission ?

- Soyez raisonnable. Votre cargaison mérite-t-elle que vous risquiez votre vie ?

- Ne soyez donc pas si présomptueuse. Vous n'êtes encore qu'une enfant.

- Une enfant ? Auriez-vous la vue qui baisse ? Bon. En voilà assez. Je vous aurai prévenu. Je ne souhaite pas vous faire de mal mais j'ai besoin de votre chargement. Approchez, que je corrige ce défaut avec les autres !

Et sans plus attendre, elle se servit de la Force pour se propulser à quelques centimètres seulement du jedi, activa son sabre et passa à l'attaque. Les hommes des sables comprirent le plan de leur compagne et en profitèrent pour se glisser dans le vaisseau afin de le piller. Occupées par leur combat ou leur larcin, aucune des forces en présence ne remarqua une ombre qui se faufila hors de l'épave.

Les coups de sabre pleuvaient, les armes s'entrechoquaient dans un vacarme terrible, chacun cherchant la faille qui lui ferait gagner le combat. Et ce fut finalement Deianera qui trouva une ouverture. Elle plaça sa lame sous celle de son adversaire, et d'un coup sec, envoya le sabre de ce dernier se perdre dans le sable, puis elle lui asséna un violent coup de pommeau sur le crâne. Le Jedi s'écroula sans un son.

Deianera recula et sentit à cet instant précis que quelque chose clochait. Elle laissa ses yeux glisser au niveau de son bas-ventre, et s'aperçut que dans l'affrontement, son adversaire lui avait porté un coup qu'elle n'avait même pas senti sur le moment. Son sang rougissait déjà sa tunique, et la douleur qu'elle ressentit la fit se sentir mortelle pour la première fois de sa vie.

Au même moment, plongée en pleins calculs sur son vaisseau, Dame Freya ressentit une vive douleur dans la poitrine, et comprit que quelque chose de terrible venait de se produire. Elle abandonna immédiatement ses recherches et poussa les réacteurs de son vaisseau au maximum au risque de provoquer une explosion. Il ne lui fallut que quelques heures pour arriver sur Tatooïne, et, sautant sur un speeder, elle parvint cinq minutes plus tard sur les lieux du drame.

L'agresseur de sa fille avait disparu. Tout ce qu'elle vit fut un cercle formé par les Hommes des Sables, qui s'étaient réunis autour de Deianera et psalmodiaient dans une langue que la Zabrak ne comprenait pas. Ils avaient réussi par miracle à stabiliser leur compagne, mais seule la science des Sith pouvait la sauver. Elle ordonna aux pillards de conduire sa fille à son vaisseau, puis, une fois seule, laissa libre cours à sa rage et à sa douleur. Se dressant fièrement, le poing tendu vers un adversaire invisible, elle hurla aussi fort qu'elle pouvait :

- Qui que vous soyez, assassin, sachez que je vous retrouverai ! Vous avez raté votre coup, ma fille est vivante. Cela ne vous sauvera pas pour autant : vous allez savoir ce qu'il en coûte de provoquer la douleur d'une mère. Forces vengeresses, entendez ma prière, soyez témoins du serment d'une mère éplorée ! Tremblez, misérable, je n'aurai de repos que lorsque votre carcasse sera réduite à l'état de poussière. Tremblez, Dame Freya se met en chasse !

Freya ignorait une chose : le combat entre le jedi et la jeune Deianera avait eut un témoin. Un contrebandier qui avait voulu profiter du vaisseau pour acheminer en douce une cargaison d'armes, et qui n'avait pas perdu une miette du spectacle. Une sith qui avait tout fait tout pour éviter le combat, et épargné son adversaire à terre... Voilà qui était fort intéressant, et qui se monnayerait au prix fort.

Sjenor, que les mauvaises langues avaient sunommé le Délateur, ne doutait pas un instant que le maître de Deianera – un nom que l'intruse zabrak avait laissé échapper en découvrant le carnage - serait prêt à payer une fortune pour que cette information ne s'ébruite pas. Restait à localiser ce seigneur...

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mar 6 Jan - 19:21

Chapitre 7 : Docteur Nimu


Infirmerie de l'Onis Dooki

Lorsque Nimu pénétra dans la pièce, elle eut tout juste le temps de s'écarter afin d'éviter le corps du médecin-chef, qui alla s'écraser contre le mur. Elle entendit un sinistre craquement, et le corps sans vie glissa lentement le long de la paroi en plastacier. Nimu ignorait qui se trouvait à l'infirmerie, mais sentit qu'il allait lui falloir agir avec la plus grande prudence si elle ne voulait pas connaître le même sort que l'infortuné docteur. Elle ne pût s'empêcher de maudire celui qui l'avait envoyé ici et sa trop grande curiosité.

Elle travaillait sur d'importantes recherches sur la douleur, et ne les avait interrompues que parce qu'une de ses connaissances, un Homme des Sables, lui avait demandé d'intervenir au plus vite. Et il semblait effectivement que la situation demande un soin tout particulier. Entrant à pas feutrés dans la pièce, la jeune femme resta bouche bée devant l'étendue des dégâts. Hormis le lit et l'équipement médical qui y était relié, le reste n'était plus qu'un tas de débris informes.

Remarquant qu'un morceau de meuble était sur le point de s'envoler, Nimu se baissa juste à temps pour l'éviter, et en profita pour rejoindre la responsable d'un pareil chaos, une Zabrak dont la fureur était évidente.

-Bon, à présent, on se calme ! Je ne sais ce que vous avait fait cet homme, mais il est mort à présent ! Calmez-vous, sinon je serai obligée d'intervenir, et vous n'aimerez pas ça !

-Essayez toujours, pour voir ! Touchez un cheveu de ma fille et je vous tue ! hurla la Zabrak, visiblement dans tous ses états.
-Votre fille ? Ecoutez, je suis venue pour vous aider, pas pour vous nuire ! C'est Bagor qui m'envoie !

Le nom du contact de Nimu, un agent qui avait décidé de voyager dans la galaxie afin de découvrir ses nombreux secrets mais qui restait profondément attaché à son peuple, les valeureux tuskens, eut l'effet d' un électrochoc. Freya se calma immédiatement, et, regardant sa fille étendue sur le lit, sembla sur le point de fondre en larmes. Elle accepta cependant de s'asseoir pour écouter ce que l'intruse avait à dire.

-Il va vous falloir nous laisser seules, Deianera et moi. La médecine que je pratique est mon fond de commerce, et je ne suis pas un de ces charlatans - et en disant cela, elle jeta un rapide coup d’oeil au cadavre étendu sur le seuil - s'essayent à des méthodes qu'ils ne comprennent pas. Et puis travailler sous la menace constante d'une électrocution, ce que je risque vu votre nervosité, nuira la fois à mon intégrité physique, mentale, et celle de votre fille.

-Sachez que tant que je serai vivante, je ne bougerai pas de cette pièce. Deianera n'est peut-être pas de mon sang, mais c'est mon enfant. Agissez comme vous l'entendez, faites de votre mieux pour la sauver, mais je vous préviens : si vous ne voulez pas partager le sort de l'incapable que je viens de renvoyer, vous avez tout intérêt à réussir.

Toute personne saine de corps et d'esprit, en entendant la mis en garde de Dame Freya, aurait immédiatement fait demi-tour. Mais si l'on connaissait peu de choses à propos de l'Agent Nimu, on possédait assez de renseignements pou en conclure qu'elle était tout sauf saine d'esprit. Sa curiosité morbide en faisait une scientifique d'exception, mais déclenchait également des crises qui se soldaient le plus souvent par la mort de quelqu'un.
Orpheline de guerre, elle fut découverte au milieu de débris d'un vaisseau de transport civil de la république. Déclarée insensible à la Force, elle est transférée au Centre d' Education et de Développement de la Jeunesse Impériale sur Dromund Kaas.

Enfant chétive, elle est le souffre douleur de ces camarades qui la brutalisent en raison de ses origines aliens. A l'âge de 12 ans elle est hospitalisée pour de nombreuses fractures multiples avec perte de connaissance. S’ensuit une longue convalescence pendant laquelle elle apprend les bases de la médecine grâce à un infirmier Twi'lek. Quelques jours après son retour à l'orphelinat, plusieurs de ces camarades tortionnaires souffrent d'empoisonnement et décèdent dans des circonstances qui ne seront jamais réellement éclaircies.

Pour la jeune Nimu, une long période de solitude commence, les autres enfants n'osant plus l'approcher, ce qui lui laisse tout le temps d'étudier la médecine physique et la pharmacologie. Une fois diplomée, elle est recrutée par l'armée impériale en tant qu'aide de camp. Son éducation et ses aptitudes médicales sont excellentes mais ses origines aliens lui refusent toutes promotions. Elle passe ainsi plusieurs années sur Hoth à soigner des engelures. Ayant réussi plusieurs missions médicales mineures pour les services secrets, elle y est transférée, d'abord en tant qu'apothicaire puis en tant que tortionnaire.

Ses connaissances anatomique et des drogues font d'elle une interrogatrice très bien notée. Elle a trouvé sa vocation, et sa personnalité de sadique, réprimée par l'Education religieuse et les nombreuses brimades, commence à s'affirmer. Elle s'adapte particulièrement bien à ce changement de carrière et ses nouveaux collègues la respectent a défaut de l'apprécier.

Lorsque Bagor l'avait contactée, elle avait failli refuser, mais la curiosité avait été la plus forte. Travailler sur un sujet sith au sang pur allait lui permettre de vérifier quelques théories. Elle avait donc rejoint le vaisseau amiral de la Confrérie Odojinya, l'Onis Dooki, où la fille adoptive de Dame Freya avait été transportée dans un état critique.

Si les quelques informations que Bagor avait pu réunir sur la jeune Deianera étaient exactes, celle-ci était une professionnelle des interrogatoires, et bien que comparées à l'art qu'elle pratiquait, les méthodes des sith lui paraissaient brouillonnes, elle se devait de reconnaître que la perte d'une telle spécialiste aurait été dommage. Elle se ferait donc un devoir d'aider sa consoeur.

Nimu commença par lui administrer un calmant qui la maintiendrait dans un coma artificiel et l'empècherait de bouger ou de se réveiller au beau milieu de l'intervention. Les seuls patients qu'elle n'anesthésiait pas n'étaient plus de ce monde pour en parler, mais Nimu savait que la douleur pouvait à elle seule provoquer la mort du sujet, et il ne valait mieux pas que la sith lui claque entre les doigts. Une fois cette délicate opération réalisée, elle programma une sonde qui lui transmit sur holo les images de la blessures, intérieures et extérieures, ce qui lui permit de calculer quelle serait la bonne méthode à employer. Puis elle se mit au travail.

Deux heures plus tard, elle avait les mains couvertes de sang, sa blouse avait littéralement chagé de couleur, mais la patiente était sauvée. Elle mettrait quelques jours à se remettre de sa blessure, mais elle vivrait. Lorsque Nimu sortit de la chambre, elle s'attendait à trouver Freya trépignant en espérant que sa fille vive, vu les liens qui unissaient ces deux êtres. Mais au lieu de cela, elle trouva un datapad qui portait son nom.

'' Noble Nimu, je sais que vous ferez tout votre possible pour sauver ma fille, et mes devoirs de mère m'obligent à réagir rapidement. Je me dois de retrouver l'agresseur de Deianera, aussi me pardonnerez vous de ne point être présente. On se reverra très bientôt. D'ici là, je vous confie la vie de l'être qui m'est le plus cher en ce monde.''

N'ayant jamais été mère, et n'envisageant nullement la chose, Nimu ne pouvait qu'imaginer les sentiments qu'éprouvaient la Zabrak, mais elle savait au moins une chose. La confrontation imminente entre l'inconnu qui avait failli tuer la sith au sang pur et la mère adoptive de cette même personne serait particulièrement violente.

De son côté, le seigneur Koball avait diligenté une enquête pour savoir qui avait décidé d'attenter à la vie de leur jeune recrue, et pour quelle raison. Car même dans une société qui tue pour le moindre caprice, deux attentats coups sur coup avaient de quoi surprendre. Il fallait savoir pour quelle raison cette attaque avait eu lieu, et si la Confrérie risquait d'être atteinte. Cela prit quelques semaines, et ce que les agents de Koball découvrirent fut si grave qu'une reunion d'urgence fut demandée. Principale sujet : Deianera.


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Tära-tylan'hem

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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Mer 7 Jan - 2:45

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MessageSujet: Chapitre Huit : Révélations   Ven 15 Mai - 18:17

Lorsqu'elle sortit de son vaisseau, Deianera fut surprise de voir que Dark Koball l'attendait
non pas au poste de commandement du croiseur, comme d'habitude, mais devant la porte du hangar
où elle venait de garer son vaisseau. Il était visiblement très contrarié. Aurait-elle commis une
erreur ?
-Maître, dit-elle en s'inclinant, vous me semblez tourmenté. Quelque chose ne va pas ?
-Suis-moi.
-Pour quelle raison ?
-De graves accusations ont été porté à ton encontre, il est est juste que tu répondes de ces
faits devant tes accusateurs.
-De quoi s'agit-il ?
-Haute trahison.
Il ne leur fallut que quelques minutes pour rejoindre la salle du conseil de l'Onis Dooki. S'y
trouvaient différents seigneurs noirs, certains formant la Quabbrat, l'organisme dirigeant la
Confrérie, d'autres ayant été convoqués pour cette crise sans précédent. Leurs visages révélaient
que, selon toute vraisemblance, quelque chose les dérangeait.
Il y avait Dame Nimu, à qui la jeune Sith devait la vie ; Bagor, fier et farouche Homme des
Sables ; La jedi verte Zdrada, qui malgré son attachement à la République avait décidé de rejoindre
les rangs impériaux tout en restant lumineuse ; Le seigneur Zodiarr, ennemi de sa mère depuis
qu'elle avait essayé de le tuer sur Korriban ; Et, enfin, Dame Rukyl, dont Deianera n'avait que peu
entendu parler mais qui était connue pour être une redoutable combattante. Si autant de membres
influents de la Confrérie s'étaient donné la peine de la rencontrer, c'est que la jeune Sith représentait
soit un exemple qu'ils désiraient féliciter soit une menace. Au vu des visages qui scrutaient la
moindre réaction de Deianera, ce devait être la deuxième option.
Zodiarr, de loin le plus hostile de cette assemblée, s'avança vers Deianera et lui ordonna de
se placer au centre de la pièce.
-Puis-je d'abord savoir ce que je fais là ?
-Obéissez, ''apprentie'', il vaut mieux...
Lorsque cela fut fait, Koball se tourna vers ses pairs et demanda des précisions sur
l'accusation portée à l'encontre de son élève. Ce fut dame Nimu qui lui répondit.
- Selon certaines sources, vous auriez des contacts plus que rapprochés avec certains
ennemis de l'Empire. On vous a vu avec des jedi.
-''On'' ? Plutôt vague comme description de mon accusateur. Il est normal que vous m'ayez
vu avec des jedi, qui que vous soyez, monsieur le délateur, puisque j'ai pour mission de trouver et
éliminer toute menace contre l'Empire, et ce par mandat des Services Secrets. Et parmi ces ennemis
figurent bien entendu les jedi.
- Soit, cela se peut. Mais pourriez-vous nous dire, intervint Dame Rukyl, pour quelle raison
lors de votre agression, la même personne qui a pointé du doigt vos fréquentations a déclaré vous
avoir vu en compagnie d'un maître jedi le jour de votre agression. Un maître que vous avez épargné,
même lorsqu'il était au sol, à votre merci.
- C'est ridicule ! Oubliez-vous donc qui est ma mère ? Adoptive, je vous l'accorde. Mais
croyez-vous donc que Freya accepterai comme fille une lumineuse ? J'en doute. Et d'ailleurs, où estelle
?
- C'est vous qui êtes convoqué, pas elle, apprentie. Vous niez donc ces accusations ?
- Bien évidemment que je les nie ! Je ne sais qui est votre informateur, mais soit c'est un
menteur, soit quelqu'un ici cherche à atteindre un objectif personnel et se sert de moi pour réussir
sans se fatiguer.
En disant cela, elle fixait le seigneur Zodiarr.
- M'accuseriez-vous de vouloir atteindre votre mère en vous nuisant à vous ? rétorqua ce
dernier. Ce serait non seulement pitoyable mais également vain, car Freya n'est pas genre à se
laisser berner par ce genre de stratagème.
- Nous ne devons pas parler de la même personne. Oublieriez-vous le TX qu'elle a
reprogrammé sur Korriban afin qu'il vous élimine ?
- Mesurez vos paroles, apprentie, intervint Koball. Vous vous adressez à un seigneur, pas à
un barman.
- Lui, un seigneur ? Il en a peut-êre le titre, mais est loin de le mériter !
- En voilà assez ! gronda Zodiarr. Vous osez m'insulter devant la Conseil ? Alors prouvez
que ce ne sont pas que des mots, et venez m'affronter.
- Avec plaisir !
- Un moment, intervint Koball. Vous savez qu'elle n'a aucune chance contre vous. Je suis
son seigneur, je vais donc combattre en son nom.
Les deux siths étaient sur le point d'activer leurs sabres et de se jeter l'un sur l'autre,
lorsqu'un cri les fit se retourner.
-Assez ! C'est à moi de le faire. Je ne laisserai à personne d'autre le plaisir de rayer ce
misérable petit seigneur du monde des vivants.
Et sans attendre qu'on lui réponde, la fantôme aux yeux de glace, se précipita sur Zodiarr.
Elle parvint à porter quelques coups, qui firent reculer un bref instant son adversaire, mais, très vite,
ce dernier eût l'avantage, et Deianera se retrouva à genoux, tremblante de rage.
-En avez-vous assez, ''apprentie'' ? railla Zodiarr.
Mais au lieu de répondre, la sith au sang pur s'agenouilla.
-Force Bienfaisante, Douce Lumière apaisante, aidez votre humble servante à triompher de
cette épreuve. Soutenez-moi dans ce combat et ne la laissez pas retourner dans les ténèbres.
Murmurée, cette supplique fut néanmoins entendue de tous, et un silence assourdissant
régna quelques instants dans la pièce, avant de laisser place à de vives clameurs.
-Traîtresse !
Le mot était lâchée. Ce fut l' hallali.
-Comment osez-vous proférer de telles choses en notre présence ? dit Rukyl.
-J'espère avoir mal entendu... ajouta Nimu.
Mais le plus secoué fut sans aucun doute Koball. Entendre des paroles lumineuses sortir de
la bouche de son élève l' avait cloué sur place.
-Apprentie, que dis-tu là ?
-Mes seigneurs, intervint Zdrada, il me semble évident que nous avons là une disciple de la
Lumière.
-Est-ce vrai, jeune Deianera ? demanda Nimu en se rapprochant.
Lorsqu'elle se releva, la sith au sang pur souriait, apaisée. Enfin, la vérité éclatait...
-C'est exact. Cela fait six mois que je ne suis plus sith, depuis que j'ai rejoint le Temple Jedi
d'Ilum pour commencer mon apprentissage. Je ne suis pour l'heure qu'une initiée, mais j'ai bon
espoir de devenir jedi à part entière un jour prochain. Je me sens renaître.
-Etudier au Temple est une bonne chose pour tout lumineux, mais les enseignements qui y
sont dispensé ne sont que mensonges. Croyez-moi, jeune sith, j'en viens, je sais de quoi je parle.
-Chère Zdrada, votre mauvaise expérience ne justifie aucunement de tels propos. Vous êtes
malgré cela restée lumineuse, même si vous avez tourné le dos au Conseil et à ses enseignements,
ce que je peux comprendre. Pour ma part, ma loyauté à présent, va à l'Ordre Jedi.
-La paix est un mensonge, tout le monde ici le sait, la coupa Dame Rukyl.
-Je ne suis plus une sith, je vous le répète. Mère m'a montré la voie pendant ma
convalescence.
-Mère ?
-Maître Oyakut, Briggid, Gardienne du Code Jedi, ma mère biologique. J'ai suivi pendant
des années les enseignements de celle qui m'éleva pendant des années, Freya. mais aujourd'hui, je
m'efforce de suivre ceux de ma véritable mère. Ce n'est pas facile tous les jours, mais ce sont mes
épreuves, et je m'y plie avec plaisir.
-Assez ! J'en ai assez de l'entendre ! gronda Koball. Faisons-la taire à jamais, et tout de
suite !
-La tuer ? Je trouve que c'est un peu excessif. Il y a d'autres solutions.
-A quoi pensez-vous, Dame Nimu ?
-Un retour vers le côté obscur est possible, sans doute parviendrons-nous à raviver sa haine,
mais pour cela nous devons la laisser vivre.
-Agissez comme vous l'entendez, je ne résisterai pas, mais finissons-en, intervint Deianera,
qui souffrait de son duel avec Zodiarr.
-Vous semblez troublée, jeune Deianera. Serait-ce votre haine qui se réveille ? ricana
Koball.
Au lieu de répondre à la provocation, Deianera s'agenouilla et se mit à méditer,
s'immergeant complètement dans la Force comme le lui avait appris Briggid. Elle ferma les yeux et
se concentra, oubliant pour un temps toute l'hostilité de ses anciens pairs. Lorsqu'elle se releva, tout
bouleversement avait disparu de son visage, laissant place au mince sourire que tous commençaient
à connaître.
-Vous imaginez sans aucun doute pouvoir vaincre un jour, mais vous vous trompez. Le côté
lumineux sera le plus fort. Si vous désirez me tuer, faites-le, je ne résisterai pas. Dans le cas
contraire, laissez-moi partir.
-Nous ne pouvons faire ni l'un ni l'autre, il faut que nous arrivions à vous ramener vers le
côté obscur, déclara Nimu. Bagor, entravez-la !
-Avec joie...
L'Homme des Sables, agent secret impérial expérimenté, avait toujours sur lui de quoi
immobiliser une proie ou une victime. Il menotta donc Deianera, mais lorsqu'il ajouta un collier
d'esclave, Zdrada intervint.
-Ce n'est pas une de vos marchandises ! Elle n'a nul besoin de ce collier.
-Et puis de toute manière, lança Deianera, ni les chaînes ni les menottes ne me retiendront.
-Silence ! Qu'on l ’emmène...
Une fois entravée, celle qui fut Le Fantôme aux yeux de glace mais n'était plus à présent
qu'une traîtresse aux yeux de ses anciens compagnons fut conduite par Bagor en cellule, où elle
attendrait son jugement...
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 15 Mai - 18:19

Chapitre 9 : Ames sœurs

Vingt-cinq ans auparavant

Le twi'lek observait sa proie depuis de longues minutes, ne se décidant pas sur la conduite à
adopter. Son instinct de prédateur et le fait qu'il n'ai pas mangé depuis deux jours lui commandaient
de sauter dessus et de la dévorer sans attendre, mais, tout au fond de lui, quelque chose le retenait.
Un sentiment étrange, inconnu, mais au final pas désagréable. Il ressentait une certaine attirance
pour sa proie, qui lui ressemblait décidément beaucoup, maintenant qu'il prenait le temps de la
regarder plus en détail.
Comme lui, elle était bipède, avait deux bras, deux jambes et une seule tête au sommet de
l'ensemble. Son cou était surmonté d'un visage que coiffait une crinière finement tressée, et même si
elle n'avait pas de lekkus, considérant la créature, Mireth se sentit très proche d'elle.
Tout à ses pensées, il ne remarqua pas le léger mouvement que fit la jeune femme qu'il
observait et aperçut trop tard les éclairs qui jaillirent de la paume de sa main pour aller le frapper en
pleine poitrine.
Jamais encore il n'avait ressenti une telle douleur. Il essaya de se relever, mais la brûlure qui
parcourait son corps l'en dissuada. Ne remuant que la tête, il vit l'inconnue qui l'avait attaqué
s'approcher de lui et lui tendre une main qui se voulait chaleureuse.
-Mille pardons pour ce mauvais réflexe, dit-elle d'une voix calme, mais je n'aime guère
qu'on m'espionne lorsque je médite.
Elle parlait le Basic, mais on sentait bien que ce n'était pas là sa langue habituelle. Mireth était trop
étonné qu'elle parle pour se formaliser de cet étrange accent. Une créature qui lui ressemblait, c'était
déjà beaucoup, mais si en plus il la comprenait lorsqu'elle communiquait, ça faisait trop pour lui. Ne
sachant trop comment réagir, il garda le silence, ce qui fit croire à la jeune femme qu'il souffrait
trop pour communiquer.
Se relevant, elle alla chercher un pot à l'odeur corsée, et, après avoir examiné Mireth,
entreprit de recouvrir ses brûlures avec l'onguent contenu dans le récipient. Le jeune homme n'avait
pas pour habitude de côtoyer des êtres humains – a fortiori lorsqu'ils appartenaient au sexe opposé –
mais s'y connaissait en remèdes. Il se laissa donc faire, et moins d'une minute plus tard, la sensation
de brûlure se calma avant de disparaître.
-Encore toutes mes excuses, murmura la jeune femme. Vous avez un nom, jeune
imprudent ?
-Mi...Mireth.
-Un nom intéressant, surtout pour un humain. Ce sont vos parents qui vous ont nommé
ainsi ?
-Oui, pourquoi ?
-C'est un mot Zabrak qui signifie ''feu'' ou ''flamme''. Je suis surpris d'un tel choix pour un
bébé, car je pense que vos parents n'étaient pas Zabraks.
-Je...j'ignore qui ils sont, je ne m'en souvient plus.
-C'est triste. Mais j'oublie mes bonnes manières. Je me nomme pour ma part Isaiwinokka.
On dirait que je vous intrigue. N'avez-vous donc jamais vu de femme ?
-Femme ? C'est quoi ?
-C'est ce que je suis. Vous êtes décidément bien étrange, ajouta-telle en éclatant de rire.
Lorsqu' Isaiwinokka se mit à rire, ce fut comme si l'univers tout entier avait cessé d'exister.
Pour Mireth, hormis cette ''femme'', plus rien n'avait d'importance.
Quelques années passèrent, et nos deux jeunes tourtereaux, qui avaient décidé de vivre
ensemble au coeur de la Mer de Dunes, une région désolée de Tatooine, coulaient des jours
paisibles. Mais il est bien connu que le bonheur n'existe que s'il est bref, et Isaiwinokka dut faire
face un jour à ce qu'aucun être humain n'est préparé à affronter : l'imminence de sa propre mort.
Elle demanda à Mireth de s'asseoir près d'elle et commença à lui raconter un pan de son
passé, qu'elle avait gardé secret jusqu'à cette seconde, décision que le jeune homme avait accepté.
Originaire de Dathomir, la jeune femme était née et avait grandi au sein d'un clan de
Sorcières dotées d'obscurs pouvoirs et cherchant à plier la Force à leur volonté. En grandissant, ses
propres capacités s'étaient développées et elle avait fini par accéder au rang de chaman de son clan.
Toutes les responsabilités qui accompagnaient un tel rôle lui plaisaient, mais pas de voir ses soeurs
utiliser leurs dons pour faire souffrir les autres. Elle décida donc de s'exiler et embarqua
clandestinement pour Tatooine, et se cacha dans le désert. Ce fut là que Mireth la rencontra.
Privée du lien protecteur que lui offrait la communion spirituelle au sein de sa tribu,
Isaiwinokka sentit jour après jour son esprit s'affaiblir. Elle avait espéré parvenir à renouer avec les
siens via la méditation, mais la réalité l'avait rattrapé : si elle ne trouvait pas un moyen de
communiquer très vite avec le monde des esprits, elle mourrait.
-Que comptes-tu faire ? lui demanda Mireth lorsqu'elle eût terminé.
-Trouver un monde de substitution à Dathomir, vu qu'il est hors de question que je côtoie
mes soeurs. Belsavis est, d’après certaines sources, la meilleure option. Je sais que tu voudrais
m'accompagner, mais il me faut y aller seule. Rien ne doit perturber le rituel de guérison si je veux
pouvoir revenir.
Pendant un temps, Mireth refusa de la laisser partir. Il tenait trop à elle et ne voulait pas en
être séparé. Mais, voyant Isaiwinokka dépérir jour après jour, il finit par céder.
Au moment du départ, son âme soeur prit sa main et lui dit :
-Avant de partir, j'aimerai te faire un ultime présent. Il existe un rituel qui nous permettra de
rester ensemble. C'est risqué, voire même potentiellement mortel, mais s'il fonctionne, nous serons
unis à jamais.
Fou d'amour pour sa belle, Mireth accepta sans hésiter. Nul ne sait quelles pratiques
obscures furent dévoilées dans leur hutte ce soir-là, mais le lendemain, il n'y avait plus âme qui vive
à dix parsecs à la ronde. Ne restaient que des cadavres brûlés jusqu'à l'os.
Désormais, leurs esprits étaient liés à jamais. Lorsqu'ils désiraient être ensemble, il leur
suffisait de penser à l'autre et le corps d'Isaiwinokka servait de réceptacle à leurs deux esprits le
temps de cette réunion hors norme.
Mais ce bonheur ne dura qu'un temps. Alors qu'il s’apprêtait à partir chasser un matin,
Mireth ressentit tout à coup une violente douleur dans la poitrine et s'effondra. Il resta inconscient
plusieurs heures, et, lorsqu'il revint à lui, il lui fut impossible de nouer le lien qui le reliait à sa belle.
Le jeune homme tenta plusieurs semaines de contacter Isaiwinokka, mais ses essais ne le
menèrent nul part. Désespéré, il décida d'en finir avec cette triste existence. il prit la route vers le
puits du Sarlaac, une créature fouisseuse mortelle qui, l'espérait-il, mettrait un terme à sa
souffrance.
Mais alors que Mireth allait poser le pied sur le rebord de la fosse, il entendit une voix qu'il avait
espéré des mois durant. Fou d'espoir, il se retourna et vit Isaiwinokka qui lui souriait. Craignant
qu'il s'agisse d'une illusion, il resta figé.
-Approche donc, gros bêta ! Viens donc dire bonjour à ta fille !
Et, écartant son vêtement, le jeune femme lui montra le bébé qu'elle tenait délicatement au creux de
son bras.
-Mireth, je te présente Briggid, ta fille...
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 15 Mai - 18:20

Chapitre 10 : le mandalorien

Holojournal de Shereshoy Oyakut

(Note de recherches : cet holojournal a été découvert auprès d'une vieille femme décédée depuis peu,
dont la physionomie générale correspond à l'auteur de la vidéo. Restent à déterminer les circonstances
du trépas.)
L'enregistrement de l'holo débute par un plan fixe. On y voit une vieille
femme aux cheveux cendrés et au visage paisible, assise dans un fauteuil. Elle
caresse une boule de fourrure non identifiée, la pénombre ne permettant pas de
savoir à quelle espèce l'animal appartient.
''Par où vais-je commencer ? Ecrire le récit de sa vie n'est jamais facile diton,
et ça l'est davantage lorsqu'il faut trouver par quel évenement le débuter...
Ma naissance et mon enfance, je n'en garde que peu de souvenirs, guère
interessants pour ce genre de témoignage. J'étais une jedi ordinaire, certes un
brin rebelle, n'acceptant pas toujours les préceptes que voulaient nous inculquer
nos maîtres, mais dans l'ensemble, je n'étais guère difficile. Ah, si certains me
voyaient aujourd'hui, ils hurleraient de rage...Peut-être d'ailleurs est-ce le cas
pour certains. Enfin... Je le saurais sans doute assez vite. Autant se concentrer
sur ce qui a été important dans ma vie.
Parlonsalors de ma rencontre avec Jiriad. A l'époque, il se faisait appeler
Cin'ciri, ''neige'' en mando'a, ce qui, pour un rattataki, est assez logique. Le jour
où nos routes se sont croisées, je me trouvai sur Taris, à aider autant que je le
pouvai les citoyens de ce monde en ruine à rebâtir ce que Dark Malak avait
anéanti quelques siècles plus tôt.
S'il n'y avait eu que des gravats a deblayer et des habitations à redresser,
ils n'auraient pas eu besoin de moi. Mais un péril bien plus grand les menaçait :
les rakgoules. Des monstres à la peau grise, le poil hirsute et clairsemé, des
griffes et des crocs aussi acérés qu'empoisonnés, des meutes nées pour tuer. La
toxine qu'ils injectaient à leur victime en les griffant ou les mordant
transformaient les malheureux en créatures qui rejoignaient leurs congénères
pour agrandir à leur tour le troupeau.
On ne savait pas vraiment d'où sortaient ces créatures, mais si les égouts
leur suffisaient jusqu'à présent, depuis peu, elles avaient décidé d'agrandir leur
territoire, et attaquaient à vue les refugiés et travailleurs de Taris. J'avais été
chargé par mes supérieurs de protéger les chantiers en servant de rempart
entre les rakgoules et leur repas. Dure tâche que j'accomplissai depuis quelques
semaines aussi efficacement que possible, lorsque, brusquement, la situation
évolua.
J'étais en train de prendre un repas frugal lorsque j'entendis des cris à
proximité du chantier de la Flèche d'Endar, un croiseur écrasé sur la planète lors
de l'assaut de Malak. Instinctivement, ma main se tendit vers mon sabre, qui
aterrit dans ma main et s'activa. Je fonçai vers l'endroit d'où provenaient les cris
et me retrouvai face à un groupe de rakgoules. Habituée à les combattre, je ne
mis pas longtemps à m'en débarrasser, et c'est alors que je croyai en avoir fini
que j'entendis une voix gronder derrière moi.
- Il suffit, Jedi !
Me retournant, je me retrouvai face à une véritable abomination. A
première vue c'était un être humain, mais en y regardant de plus près, la
créature qui me faisait face partageait autant de caractéristiques avec moi
qu'avec ses congénères rakgoules. Et le plus dérangeant était qu'elle portait un
sabre laser. Elle ne savait pas trop s'en servir, car elle l'agitait dans tous les sens
comme le faisaient les jeunes élèves du Temple de Tython. Mais une des
premières choses qu'on apprend est qu'une telle arme, même mal maniée, reste
mortelle.
Je me mis en garde, me préparant à l'assaut de la créature. Elle ne se fit
pas prier. Hurlant d'une rage légitime face au massacre de sa meute, elle me
bondit dessus, assénant, avec toute la force dont elle était capable, des coups de
sabre dans le but évident de me tuer. Je parvins sans peine à dévier ses
attaques, mais savais qu'à la longue, je commencerai à fatiguer et commettrai
une erreur. qui me serait fatale. Il me fallait en finir, et vite.
Me reculant tout en repoussant mon assaillant, je me préparai à une
dernière attaque que j'espérai suffisante pour l'éliminer lorsque j'entendis un
choc sourd puis vis apparaître sur le torse de la bête une pointe métallique.
Quelque chose venait de l'atteindre dans le dos et avait traversé. Identifiant
immédiatement la menace, je me jetai au sol, échappant ainsi à l'explosion qui
secoua la zone lorsque le mini-missile déchiqueta mon agresseur.
Au beau milieu de ce carnage apparut un individu en armure, un blaster
dans une main et le bras tendu vers moi, un bras d'où venait de partir l'arme qui
avait tué la rakgoule de taille humaine.
-Har'shaak ! J'espère que la tête est intacte, sinon j'aurai fait ca pour rien.
- Pas pour rien, non. Vous venez de me sauver la vie.
-C'était pas volontaire. Pour tout dire, je n'vous avais même pas vue.
-Merci quand même...monsieur ?
Mon ''sauveur'', un mandalorien si j'en croyais le juron qui lui avait
échappé et la tenue qu'il portait, ôta son casque et, comme s'il réalisait qu'un
semblable se tenait devant lui, tendit sa main pour une présentation certes
malhabile mais sincère.
- Cin'ciri. Je chasse cette saleté depuis plusieurs jours. Merci d'avoir fait
diversion. J'étais presque à cours de munitions.
- De rien, vraiment. je n'avais jamais vu une telle créature. on dirait une
rakgoule, mais....
- C'est presque ça, mais en bien plus vicieux. On les appelle les
''nekgoules''. Ils ressemblent aux monstres habituels, à une différence près, et
de taille : il savent utiliser la Force, et certains peuvent même parler.
- Je m'en suis rendu compte. Vous semblez en savoir long sur elles, dîtesmoi.
Et il est visible qu'elles vous fascinent. Je croyai que les mandaloriens
considéraient l'usage de la Force au combat comme une preuve de faiblesse.
-J'admire ce qu'elles sont, pas la façon dont elles agissent. Bon, c'est pas
tout ça,mais va falloir que je file. Si je veux toucher la prime pour cette saleté, je
vais devoir me dépécher avant qu'elle ne devienne méconnaissable. A une
prochaine fois. Et si j'étais vous, j'irai me faire soigner au dispensaire le plus
proche.
- Me faire...Et mince ! Comme si j'avais besoin d'un tel contretemps ! Je
vous suis décidément redevable, chasseur.
-Oubliez ça. Vous autres jedi pouvaient être agaçants avec tous vos codes,
mais n'en restez pas moins une valeur sûre au combat. Alors je ne vais pas
laisser ces saletés de rakgoules vous faire la peau. Cette planète a besoin qu'on
prenne soin d'elle.
Veillant bien à ne pas relever les sarcasmes à peine voilés dans les propos
de mon compagnon, je baissai les yeux vers mon bras gauche pour examiner la
blessure dont parlait ce dernier. Lors du combat qui m'avait opposé à cette
''nekgoule'', comme le chasseur l'avait appelé, j'avais été griffée. Rien de bien
sérieux, mais le poison des démons de Taris étaient si virulent qu'il allait me
falloir faire vite si je ne voulais pas en devenir un. Relevant la tête, je voulus
remercier le chasseur, mais il avait déjà disparu.
Sans attendre, je filai à l'avant-poste, heureusement pas trop éloigné,
cherchant une explication à ce que j'avais vu. Une rakgoule évoluée : soit les
bestioles habituelles étaient en train de muter naturellement, soit quelqu'un
s'amusait à jouer les savants fous. Les connaissant, je savais que le Conseil
prendrait tout son temps avant d'agir. Je me devai donc de prévenir la seule
personne apte à faire se remuer les choses : Deianera. J'ignorai à cet instant que
ma fille avait été démasquée, et qu'il ne lui restait que peu de temps à vivre...
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 15 Mai - 18:21

Chapitre 11 : Douleurs muettes

Un des premiers souvenirs que je souhaite léguer concerne ma fille,
Aru'e. Lorsque je l'ai connue, elle était haute comme trois pommes. Cela va
faire trente ans que cette rencontre a eu lieu, mais son souvenir restera à
jamais gravé dans mon esprit et dans mon coeur.
Je sais que selon le Code Jedi, on ne doit nullement s'attacher, que toute
passion est à proscrire, mais lorsque je vois ce que j'ai traversé, je ne peux
qu’être d'accord. Mais ce jour là, je n'ai pas raisonnée en Jedi, juste en être
humain.
Je venais de terminer une des missions que l'Ordre m'avait confié lorsque
je fus contactée par Cin'ciri. Notre dernière rencontre datait un peu, mais il ne
savait pas vers qui d'autre se tourner pour régler l'affaire qui le tourmentait.
De plus, selon lui, j'avais ''fait mes preuves'' en survivant sur Taris plus
longtemps que la plupart de ses contacts habituels.
Sans doute aurais-je pu refuser. Mais lorsqu'il m'exposa les détail de son
problème, je ne pus le faire. Sa fille avait disparu. Il connaissait le coupable,
un seigneur du crime Hutt qui estimait devoir se rembourser d'un préjudice
que lui avait causé le mandalorien.
Ayant localisé l'ordure responsable de l'enlèvement de sa fille, il
s'apprêtait à donner l'assaut contre son repaire, mais avait estimé plus prudent
de demander de l'aide. Et c'était là que j’intervenais. La seule chose que nous
n'avions pas prévu, c’était que l'affrontement n'aurait pas lieu à l'abri des
regards, mais en plein milieu du spatioport de la tristement célèbre ''lune des
contrebandiers''.
Quelques minutes après avoir atterri sur Nar Shadaa, j'aperçus une foule
de curieux amassée dans la zone de chargement des marchandises en transit.
Me rapprochant, je tombai sur un spectacle qui me remua les entrailles : un
groupe de civils excitait ce que je pris pour un animal enfermé au fond d'une
cage. Désireuse de leur dire ma façon de penser lorsque je me rendis compte
que l'objet de leur excitation était non pas un animal mais une enfant d'à peine
sept huit ans, qui se terrait au fond de sa prison pour échapper à ces brutes.
La cage était fermée, la petite ne risquait donc aucun outrage, mais je lus une
telle peur dans ses petits yeux gris que je ne pus me resoudre a laisser faire.
Ecartant vivement les badauds, je fis face à son ''gardien'', qui comprit
qu'il ne valait mieux pas me contrarier et alla rejoindre les civils. Je tendis la
main vers l'enfant, qui recula, apeurée, sans doute plus habituée aux brimades
et aux coups qu'aux mots doux et aux friandises. Elle faisait peur à voir. Je sais
que les Hutts ne sont pas réputés pour être les rois de l’hygiène, mais je les
aurai cru plus soigneux avec leur ''marchandise''. J'en fis la remarque au
garde, qui me regardait d'un air ahuri :
-Eh, l'affreux ! Je peux savoir pourquoi vous gardez cette petite
enfermée, et dans un tel état ?
-Demandez au Baron, c'est lui qui s'occupe de ces ''animaux'', moi, je
surveille la foule.
-Le baron ?
-Le Baron Venecar, oui. Tenez, le voilà qui approche, demandez lui donc,
qu'on rigole !
Venecar ressemblait à tous les autres Hutts : une limace dégoûtante
qu'on avait envie d’écraser sous son talon. Mais il avait quelque chose en plus :
il suintait la peur...Intriguée, je me rapprochait de lui pour voir si c'était moi
qui lui faisait cet effet, sans trop y croire. Je n'était sans doute pas le premier
Jedi qu'il voyait. Il ne restait donc qu'une seule explication : ce qui lui faisait si
peur se trouvait enfermé dans la cage derrière moi.
Comment une fillette pouvait-elle terroriser par sa seule présence un
puissant baron du crime ? J'eus la réponse quelques minutes plus tard. Je
m'étais rapprochée de la cage, mais l'avais sans doute fait trop brusquement,
et je ressentis tout à coup déferler dans ma tête une véritable tempête de
pensées agressives, à tel point que je dus m’asseoir pour essayer de lutter
contre cette attaque.
Les heures passées à lutter contre l'influence obscure de mes passions
les plus secrètes me servirent, et je retrouvai peu à peu mon calme.
Comprenant que le jeune rattataki était à l'origine de cet assaut, je tendis à
nouveau la main et essayai de la rassurer :
-Doucement, ma toute belle, je ne te veux aucun mal, promis.
Les yeux de l'enfant passèrent de ma main au Hutt, puis revinrent vers
moi. Voyant que je n'allai ni la frapper ni la donner en pâture aux touristes,
Aru'e - tel sera le nom qu'elle choisira plus tard - consentit enfin à
communiquer. Mais elle ne le fit par par voies normales.
J'appris plus tard que les coups reçus avaient un jour broyé le larynx et
les cordes vocales de la pauvre enfant, et qu'elle avait trouvé un moyen, après
des années de pratique, pour communiquer, aussi bien pour manifester sa joie
que son mécontentement. Je compris alors qu'elle était sensible à la Force, et
que cette capacité en résultait. Aru'e ne parle pas, elle pense, et ce
directement dans la tête de la personne avec qui elle veut établir un
''dialogue''. Et le premier mot qu'elle m'offrit fut : * Gentille ? *. C'était un
début, mais je sentais qu'elle ne me faisait pas encore confiance, et qu'une
seconde attaque était à redouter.
-Oui, ma douce, je suis gentille. Bon, ajoutais-je en me tournant vers le
Hutt, pour que je puisse progresser avec elle, je dois la faire sortir de sa cage.
Et ne vous avisez pas de refuser....
Il n'en fit rien. Au contraire, comprenant mes intentions, il recula de
quelques mètres.
J'ouvris d'une poussée la cage qui nous séparait et pris la fillette dans les
bras. Puis je m'assis et la mis sur mes genoux. Je me mis à me balancer de
gauche à droite, de droite à gauche, tout en chantant doucement une vieille
comptine que je pensai avoir oubliée mais que la présence de la jeune rattataki
avait ravivée.
Le spectacle avait de quoi surprendre. Nous sous trouvions en plein coeur
du spatioport de la plus grande ville-planète de ce coin de la galaxie, et je me
tenais là, assise, une enfant muette sur les genoux, à chanter une vielle
berceuse dans l'espoir de la calmer.
Ce qui finit par fonctionner. La fillette tourna son visage vers moi, me
sourit, et je ressentit un profond calme envahir les lieux, comme si la colère
apaisée de cette jeune inconnue avait dissipé tout animosité.
Me relevant, je ne fis pas un seul pas vers le Hutt et se cohorte de
crapules, mais conduisit Aru'e vers mon hangar, afin qu'elle soit en sécurité.Je
rejoignis Cin'ciri, qui accourus en larmes pour prendre sa fille dans ses bras. Il
ne prononça pas un mot, mais je lus dans son regard qu'à partir de ce jour, il
s'estimait mon débiteur. Encore éprouvée par ce qu'il s'était passé au
spatioport, je ne cherchai pas à le contredire. Je me contentai de le saluer de
la tête puis m'éclipsai pour les laisser fêter leurs retrouvailles. J'avais de plus
une dernière chose à faire avant de quitter Nar Shaadaa.
Lorsque je ressortis du hangar, le Code Jedi essaya de s'imposer à mon
esprit belliqueux, mais le spectacle auquel j'avais assisté en arrivant me
poussa à l'ignorer. Vérifiant que je portai bien mon sabre à la ceinture, je me
dirigeai vers le repaire de Venecar. Je me devais de faire comprendre aux Hutts
qu'on ne s'amuse pas avec la douleur des gens, et tant pis si la Conseil
désapprouvait...
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 15 Mai - 18:22

Chapitre 12 : De bien sombres pensées

Parler d'Aru'e et de notre rencontre si singulière fait remonter à la
surface une autre douleur, bien plus vive. La mort de Deianera, mon petit
''fantôme''.
La perte d'un enfant est une chose horrible. Je l'avais déjà vécue par
procuration, me sentant responsable lorsque des ennemis que je traquai
assassinaient des civils pour couvrir leur fuite. Une bombe ne choisit pas ses
victimes, elle frappe au hasard, et, parfois, ce sont des innocents qui périssent.
J'ai donc déjà eu à me justifier devant des familles qui venaient de perdre leur
enfant, mais ce que je pensais connaître me revint en pleine figure un soir où
je méditait dans mes quartiers.
J'étais revenue sur Tython faire mon rapport concernant les événements
que je vous ai raconté, lorsqu'une douleur me saisit brusquement. Je ne sais
comment les autres ressentent ce genre de choses, mais ce fut pour moi si
violent que je m'écroulai sans connaissance sur le sol. En tombant, j’entraînai
divers objets dans ma chute, ce qui alerta les autres Jedi, qui – on me le
raconta plus tard – se précipitèrent à mon secours.
Je repris connaissance à l'infirmerie du Temple, où l'on me força à passer
une série de tests afin de vérifier que mon malaise n’ait pas été causé par une
réactivation du virus rakgoule – neutralisé mais à jamais présent dans mon
organisme – que je portai suite aux événements de Taris. Je les laissai faire,
mais je savais que ce qui avait provoqué mon évanouissement n'était pas ce
qu'ils s'évertuaient à localiser. C'était beaucoup plus personnel.
Une fois les examens terminés, je me précipitai au dehors, et m'éloignai
le plus possible de mes compagnons jedi. je ne voulais pas qu'ils se précipitent
à mon chevet en m'entendant hurler. Certaines douleurs ont besoin de solitude
pour s'exprimer.
Une fois au sommet d'une colline, je me laissai tomber et poussai un cri
si violent que je crus que mes poumons allaient exploser. j'essayai de me
relever, mais ce fut en pure perte. Tout mon être n'était que douleur. Ma fille
venait de mourir, et c'était comme si tout mon corps cherchai à la rejoindre
dans le trépas.
Je ne sais combien de temps passa, mais il faisait nuit lorsque je revins
au Temple, les cheveux ébouriffés et les yeux rougis par des heures de larmes.
Rasant les murs, je me précipitai dans mes appartements et entrepris de
comprendre ce qu'il venait de se passer.
Pour les Jedi, la passion, quelle que soit sa forme, est une porte grande
ouverte vers le côté obscur. On nous apprend dès notre arrivée au Temple que
si l'on ne peux pas s’empêcher de ressentir certaines choses – après tout, nous
sommes des êtres vivants, et à ce titre, soumis aux sentiments – il ne faut en
aucun cas se laisser gouverner par elles. Mais, ce jour là, je ne pensai plus qu'à
une chose : me venger.
N'allez pas croire que je regrette ces pensées et ce qui s'ensuivit. Si j'ai
décidé de tourner en partie le dos aux règles que pendant des années je
m'évertuai à protéger, ce fut parce qu'au fond de moi, je les avait toujours
rejetées. Lorsqu'on décide pour quelqu'un du choix de vie qu'il doit suivre, il est
rare que cette personne accepte d'être dirigée de la sorte. Pour ùma part, la
mort de Deianera fut le premier pas vers une nouvelle existence.
Il me fallut plusieurs jours pour tout connaître ds circonstances de la mort
de ma fille, mais lorsque j'eu en ma possession toutes les données, je pris une
décision que beaucoup aujourd'hui me reprochent.
Deianera avait été dénoncée par un sinistre individu répondant au nom
de Sjénor. Lorsqu'elle avait dû faire face au jedi sur Tatooine et avait refusé de
le tuer, cette crapule avait tout vu et s'était empressé d'aller transmettre ses
infos contre des crédits aux supérieurs de ma fille. Ces derniers avaient décidé
de l'emprisonner dans l'attente qu'elle redevienne ''raisonnable'' et retourne
vers le côté obscur, quitte à la forcer par des séances de torture.
Précisons une chose : je n'en veut pas personnellement à ce Sjénor.
Certes, sa délation a tué ma fille, mais dans notre monde si imparfait, il est
normal que des gens cherchent par tous les moyens à tirer leur épingle du jeu.
Cet individu sans scrupules a vu là un moyen de s'enrichir et l'a saisi. Combien
d'entre nous, confrontés à la même situation, auraient tourné les talons et se
seraient tus ?
Deianera n'a jamais aimé être enfermée. Toute jeune déjà, me racontaitelle
lorsque nous discutions au bord du fleuve, elle profitait du moindre instant
de liberté pour sortir, et il n'était pas rare que ses instructeurs soient obligés de
venir la chercher. Alors lorsqu'elle se retrouva entre les quatre murs d'une
cellule impériale, elle n'eut plus qu'une pensée : s'évader.
J'ignore comment elle s'y prit et pour quelle raison on ne parvint pas à la
récupérer, mais le fait est que lorsqu'elle trouva la mort quelques semaines
plus tard, ce ne fut pas des mains d'un de ses bourreaux siths, mais de celles
d'un jedi.
J'avais fait la connaissance du jeune Norrin lors d'une session
d’entraînement au Temple. Il avait sensiblement le même âge que moi, et nous
sympathisâmes. Je le perdis de vue par la suite, n'ayant pas les mêmes tâches
à accomplir. De ce fait, lorsqu'il croisa ma fille sur Aldérande, il ne vit en elle
que ce qu'elle semblait être : une sith, un ennemi à abattre.
Lors de la cérémonie d'adieu qui eût lieu plus tard sur Tython, il me
raconta comment cela s'était passé. Si nous n'avions pas été amis, je doute
que j'aurai crû à son histoire, mais la Force m'a appris que ce n'était pas parce
qu'une situation semblait invraisemblable qu'elle l'était.
Je ne me sens pas la force de vous raconter ce qu'il se passa sur Tython,
et mon témoignage ne serait qu'une vision partielle de la vérité, aussi vais-je
vous laisser un court instant visionner l'holo qui fut enregistré lors de cette
cérémonie encore si vive dans mon esprit et dans mon coeur.
* Deux semaines plus tard, Tython, région des cascades *
La nuit venait tout juste de tomber sur Tython. Nombreux étaient ceux
qui, à cette heure avancée de la journée, étaient rentrés chez eux, mais une
poignée s'était rassemblée au bas des marches du temple jedi, silencieux.
Au bout de quelques minutes apparurent, de part et d'autre d'une litière
où reposait le corps sd'une jeune femme vêtue de blanc, Maître Jaäga, qui
représentait l'Ordre Jedi en cette triste occasion, et Briggid, gardienne du Code
et Curatrice Jedi, mais surtout mère endeuillée de la défunte. Son visage fermé
gardait sa dignité, mais on la sentait bouleversée.
Dans un silence sépulcral, le cortège se dirigea lentement vers le coeur
de Tython. A plusieurs reprises, Briggid en profita pour relater des souvenirs
partagés avec celle qui était restée sa fille malgré les années passées au coeur
des ténèbres impériales.
Arrivés à destination, Jaäga et Briggid déposèrent le corps de Deianera
sur le bûcher funéraire, puis le maître jedi pris la parole.
-Nous sommes réunis en ce jour au coeur même de la paisible Tython
pour dire adieu à Deianera, ancienne sith ayant depuis peu rejoint les rangs
des humbles serviteurs de la lumière que nous sommes. Padawan pleine de
promesses, son absence se fera cruellement sentir. Sa lumière semble éteinte,
mais elle continue à rayonner au fond de nos coeurs, nous montrant que naître
et vivre au milieu du coté obscur n'est pas une fatalité, que l'on peut
apprendre à se montrer digne de la Force, qu'il est possible de bannir à jamais
les ténèbres de ses pensées et de ses actes. Ses crimes demeurent, mais sa
conduite depuis qu'elle nous a rejoint montre bien plus encore que ses anciens
forfaits quelle jeune personne lumineuse et pleine de vie elle était devenue.
L'heure est venue à présent de dire adieu à notre soeur, notre fille, notre amie.
Si certains veulent dire un mot, qu'ils n'hésitent pas.
Tour à tour, les amis et connaissances de Briggid s'avancèrent. Maître
Awendi en premier, puis Ra'dek et enfin Sha'ka, que la jedi considérait comme
son confident. Puis ce fut le tour de Norrin. Son implication dans la mort
accidentelle de Deianera l'avait profondément marqué. Il s'avança vers Briggid,
agenouillée au pied du bûcher, puis attendit le moment opportun pour
s'adresser à elle.
Sans même se consulter, les participants activèrent leur sabre au même
moment et vinrent se placer autour du bûcher. Les spectateurs venus
témoigner leur sympathie à la mère éplorée sentirent alors une vague de Force
les envelopper. Seul Norrin n'avait pas réagi, mais tous comprirent pourquoi
lorsqu'il parvint enfin à faire face à Briggid.
-Mon sabre ayant ôté le vie de votre fille, il ne me semble pas
respectueux de le sortir devant sa dépouille. Oui, je suis le meurtrier de
Deianera, et même si ce fut un tragique accident, j'ai sa mort sur la conscience
et demande votre pardon, au nom de notre amitié.
Briggid, toujours agenouillée devant le bûcher, avait le visage baissé,
dissimulé sous un ample capuchon. Elle se mit a trembler, et Sha'ka se
précipita pour l'aider lorsqu'elle essaya de se lever mais ne réussit qu'à
retomber au sol.
-Briggid ? Tout va bien ?
A nouveau, le silence.
-Briggid ?
Un rire lugubre et moqueur se fit entendre. Tous cherchèrent d'où il
pouvait venir, avant de réaliser que c'était Briggid qui venait de ricaner de la
sorte.
Se relevant, elle se tourna vers l'assemblée. Son visage à moitié dans la
pénombre était agité de tics nerveux, comme si elle luttait contre elle-même.
Lorsqu'ils cessèrent, ce fut pour laisser la place à un affreux rictus qui fit
reculer les spectateurs de quelques pas.
-Briggid ? Pourquoi donc me nommer ainsi ?
-Que dîtes-vous là ? Vous ne vous entez pas bien ?
-Très bien, au contraire. Sans cette enquiquineuse de jedi lumineuse pour
me barrer la route, je peux enfin air comme bon me semble...
-Qui...qui êtes-vous ?
-Je ne vais tout de même pas vous révéler mon nom. Il ne vous serait de
toute manière d'aucune utilité. Sachez simplement, Norrin, qu'à mes yeux vous
êtes un meurtrier, et que je vous ferai payer un jour la mort de ma chère
Deianera. Brigid et moi occupons le même corps, vous savez donc à quel point
je serai sans pitié lorsque je déciderai de vous nuire. Et, ce jour-là,...
L'inconnu qui occupait l'enveloppe charnelle de Briggid sembla tout à
coup hésiter, puis s'affaissa brusquement. Une voix suppliante se fit alors
entendre.
-Aidez-moi, je vous en prie....
-Briggid ? Est-ce vous ?
-Oui. Aidez-moi à le combattre, je n'y arriverai pas seule.
Comprenant ce que leur amie voulait, tous activèrent à nouveau leur
sabre, non pour se recueillir, mais pour se concentrer. Ils se rassemblèrent
autour d'elle et puisèrent ensemble dans la Force afin de chasser les ténèbres
de l'esprit de la jedi.
-Force Libératrice, aide-nous à éloigner de ces lieux sacrés l'obscurité qui
y règne. Briggid, reviens vers la lumière, rejoins-nous afin que nous luttions
ensemble contre le mal qui te ronge.
Au coeur de cette clairière, un silence assourdissant s'était créé. On
pouvait presque voir les vagues de Force entourer Briggid telle une barrière
protectrice. La jeune femme eut quelques soubresauts, puis sembla se calmer.
-Il est parti, pour le moment.
-Qui est-il ?
-Je ne connais que son identité. Il dit se nommer Siqsa, ce qui en langue
sith signifie ''démon''. Il semble représenter ma part de ténèbres, celle qui
succombe à la colère et a toutes ces choses qui mènent au côté obscur. Il est
apparut la nuit de la conception forcée de Deianera, en réaction à l'agression
dont je venais d'être victime.
-Il est parti, avez-vous dit...Nous l'avons chassé ?
-Si seulement les choses pouvaient être aussi simples. Cependant, grâce
à vous, je le tiens à nouveau enchaîné au fond de mon esprit. Cette cérémonie
lui a donné assez de force pour me supplanter quelques instants, et sans votre
intervention, je ne sais ce qu'il aurait pu se passer. Finissons cette cérémonie,
que je puisse préparer mon départ.
Norrin s'avança vers son amie, troublé par de qu'il venait d'entendre.
-Votre départ ?
-A l'heure actuelle je ne peux le combattre efficacement. Il me fat trouver
un moyen, et, pour cela, je ne veux pas vous mettre en danger. Je vais donc
m’éloigner quelque temps afin de découvrir comment chasser à jamais ces
ténèbres de mon esprit.
-Seule ? Mais vous n'y arriverez jamais. Vous n'y pensez pas !
-Je ne veux pas vous mettre en danger. Ma décision est prise, je ne
reviendrait pas dessus.
-Laissez-moi au moins vous accompagner, lui demanda Sha-ka.
-J'accomplirai ce voyage seule, mais je promet qu'en cas de besoin je
ferai appel à vous.
-Si tel est votre souhait, et bien que je désapprouve fortement, soit. Mais
je ne puis vous laisser partir sans protection.
Sortant une magnifique épée du sac qui ne le quittait jamais, Norrin la
tendit précautionneusement à son amie, qui, s'en saisissant, en reconnut
immédiatement la facture. Il n'y avait que les nobles cathars qui étaient
capables de forger de telles merveilles, à la fois légères et résistantes,
élégantes, maniables,symboles oubliés d'une époque civilisée.
-Je vous remercie de ce présent cher à mon coeur. Sha'ka, mon ami,
comprend que je doive accomplir cette quête seule. A vous tous ici présents, je
jure que lorsque j'aurai besoin, je ferai appel à vous. Pour l'heure, disons adieu
à ma chère enfant, qu'elle puisse rejoindre la Force et veiller sur nous.
S'emparant d'un flambeau, Briggid la jeta sur le bûcher, imité bientôt par
toutes les personnes présentes, amis ou simples spectateurs.
Après un long moment de recueillement, tous reprirent le chemin du
Temple. Nul se semblait s'etre rendu compte que, durant la cérémonie, une
personne était restée en retrait, observant la scène et se préparant à intervenir
lorsqu'elle le jugerait nécessaire. Son vêtement civil dissimulait une armure,
mais il n'était pas venu pour combattre, seulement pour protéger celle qui,
depuis leur rencontre sur Taris, occupait son esprit et son coeur. Laissant la
foule repartir vers le Temple, Cin'ciri se dirigea vers son vaisseau, attendant
que Briggid finisse de se préparer et priant ardemment pour que leur voyage
se passe sans encombre...


Dernière édition par freyavalcourt le Ven 15 Mai - 18:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 15 Mai - 18:23

Chapitre 13 : Créées pour tuer

Pour la première fois de sa vie, Narit se sentait heureuse. S'étirant avec délectation, elle
repensa à la joie qu'elle avait ressenti lorsque sa mère lui avait annoncé qu'à son retour, elle aurait
un petit frère. Certes, en tant qu’aînée, ce serait à elle de veiller à ce qu'il ne lui arrive rien, mais
cela lui plaisait de devoir veiller sur plus petit et plus faible qu'elle. La guerre faisait rage dans de
nombreux recoins de la galaxie, mais, ici, dans ce petit village dissimulé au plus profond de Voss,
on vivait aussi paisiblement que possible. Les Voss avaient cette particularité de rester neutres face
au conflit qui déchirait la galaxie, ne s'en remettant qu'aux mystiques, des sages se fiant à des
visions accordées par la Force.
Regardant le holo, Narit s'aperçut qu'elle avait encore quelques heures devant elle. Ses
parents ne l'attendaient pas avant le coucher du soleil. Elle décida de leur faire la surprise, et se
dépêcha de s'habiller, avant de siffler son taunlet. Le petit animal accourut et s'empressa de tourner
autour de sa maîtresse comme un chiot akh avide de caresses et de friandises. Prise d'une soudaine
envie de rire, le jeune fille lui en tendit une, qu'il s'empressa de dévorer.
Dehors, le temps était au beau fixe. Cela allait être une journée magnifique. Narit avait déjà
tout prévu : baignade dans le cours d'eau, repas en plein air , et, bien sûr, veillée au coin du feu à se
régaler des histoires de son père, conteur d'exception qui faisait la joie des petits et grands dans le
village.
Elle s'arrêta chez le marchand ambulant récupérer quelques provisions destinées à améliorer
l'ordinaire du dîner, puis s'attarda devant la vue qui s'offrait à elle. Lorsqu’elle se décida enfin à
repartir, elle se sentait heureuse, épanouie, bref, ne pouvait rêver meilleure existence.
Ce fut en arrivant en vue de la demeure ancestrale de sa famille qu'elle comprit que quelque
chose n'allait pas. Kalos, le chien akh qui avait pour habitude de lui sauter dessus des qu'elle
s'approchait, n'apparaissait pas. Se saisissant du blaster qu'elle portait en permanence à la ceinture
sur recommandation de ses parents, elle s'avança vers la maison. Immédiatement, une odeur
horrible la prit à la gorge : une odeur de chair carbonisée...
Oubliant toute prudence, les larmes aux yeux, Narit se précipita à l'intérieur...et s'effondra,
terrassé par une main invisible qui la plaqua au sol et l'empêcha de remuer tandis qu'elle était
désarmée et ligotée à une chaise.
Des pirates...Un dévaronien, un twi'leck et deux gamoréens, armés jusqu'aux dents.
- T'es qui toi ? demanda le dévaronien avec mépris.
- J'habite ici. Où sont mes parents ? Que leur avez-vous fait ?
- Ici, c'est nous qui posons les questions, sale..
-Tes parents sont morts, petite, de même que ton petit frère et ...ta jeune soeur.
La personne qui venait de parler n'était pas un des quatre affreux qui faisaient face à la jeune
fille. Sa voix était calme, posée, mais si glaciale que Narit ne pût s’empêcher de frissonner et oublia
une seconde le chagrin qui l’étreignait depuis qu'elle avait compris que tous ceux qu'elle connaissait
n'existaient plus.
L’inconnue , le visage dissimulé sous une capuche, activa un sabre-laser aux reflets bleutés.
Narit se rappela certaines histoires qui couraient à propos de gardiens qui protégeaient les faibles et
les innocents. Des ''jedis''. Ce devait en être une... Elle était sauvée.
Le sabre tournoya quelques secondes et, avant qu'ils n'aient eu le temps de faire quoi que ce
soit, deux des pirates s’écroulèrent. Le troisième essaya de riposter, mais fut projeté à dix pas et
s'effondra, le dos brisé, sur le sol. Quant au dernier, il ne chercha même pas a fuir, sachant sans
doute ce qui l'attendait. Il fut décapité sur place. Tout ceci dura à peine le temps d'une respiration.
D'un geste expert, la ''jedi'' trancha les liens qui emprisonnaient Narit. Celle-ci se précipita
pour voir si ce que l'inconnue avait dit était vrai...et comprit immédiatement, en contemplant les
cadavres de ce qui avait été sa famille, que sa vie venait de prendre le plus sinistre des tournants.
Anéantie, la jeune fille sentit tout à coup une main se poser sur son épaule.
-Qui êtes-vous ? demanda-t-elle entre deux sanglots. Pourquoi avez-vous fait ça ?
-Fait quoi ? Ça ? Un amusement, rien de plus... Ah, tu parles des pirates ?
-Oui... Pourquoi m'avoir sauvée ? Mais...Qu...Qu'aviez-vous compris ?
-Tu te crois donc sauvée ? Penses-tu donc que ces quatre incapables auraient pu maitriser et
éliminer tout un village à eux seuls ? J'en doute fort. Pour une sith, par contre, c'est l'enfance de
l'art.
-Une sith ? Mais vous n'êtes...
Narit n'eut pas le temps de terminer sa phrase que des éclairs jaillirent des mains de
l'inconnue et vinrent la frapper de plein fouet. Avant de sombrer dans les ténèbres, la jeune fille
entendit sa tortionnaire, une zabrak au sourire mauvais, murmurer :
-Douce et innocente Narit, sache que désormais , tu es au service de Dame Freya. Tu ne
seras ni mon esclave, ni mon apprentie, car je ne tolère pas l'emploi des premiers et ne veut pas
d'une élève qui ne soit pas sith... Mais crois-moi, bientôt, tu comprendras le sens du mot douleur. Et
ce jour là, tu seras prête...
Le sort réservé à la pauvre Narit fut en effet pire que tout ce qu'elle s'était imaginé. Mais
n'allons pas trop vite...Laissons les souvenirs revenir dans le bon ordre, ou sinon je finirai par m'y
perdre. Quelques jours après la rencontre entre Dame Freya et son infortunée ''élève'', je fis moi
même une rencontre qui allait considérablement modifier ma façon de percevoir les jedi.
Lorsque Palakwi fit irruption dans ma vie, j'ai craint un temps qu'une rivalité ne se créée
entre elle et Aru'e. Peur irrationnelle qui fut vite balayée lorsque je compris qu'elles se considéraient
comme deux soeurs, même si aucune n'est biologiquement ma fille.
Le jour où j'ai fait la connaissance de mon ''petit lézard'', je rendais visite à Maitre Brento, un
ami de longue date qui transmet son savoir aux jeunes âmes de Tython. Il souhaitait me montrer
certaines archives découvertes peu de temps auparavant sur Voss, la planète des mystiques. Il
connaissait mon attirance pour les peuples ''neutres'', qui ne souhaitaient pas prendre part au conflit
qui déchirait la galaxie, et se doutait bien que de me parler de ces écrits me pousserait à lui rendre
visite, moi qui ne venait plus guère au Temple.
Je pensai tomber sur des documents sans intérêt, mais je me trompai. Ils décrivaient en détail
un territoire très obscur de la planète, les Terres du Cauchemar. J'y reviendrai plus tard également.
Comme je le disais, à mon âge, mieux vaut ne courir qu'un lièvre à la fois, et mes filles passent
avant des archives, aussi mystérieuses soient-elles.
Je venais de prendre congé quand j'entendis des cris provenant du terrain d’entraînement.
Me rendant sur place, je fus témoin d'une scène peu commune. Un des droïdes servant d'ordinaire à
préparer les padawans a l'affrontement de véritables adversaires s'était emballé, sans nul doute à
cause d'un mauvais réglage, et s'apprêtait à blesser sérieusement un jeune garçon. J'étais encore vive
à l'époque, aussi mon sabre se retrouva dans ma main en un dixième de seconde. Ce ne fut
cependant pas assez rapide...
Alors que je m'apprêtait à bondir sur la machine je fus devancée par une jeune fille,
entièrement vêtue de blanc. Vive comme l'éclair, elle dégaina une lame aux reflets bleutés et se
plaça entre le droïde et sa proie. Parant sans sembler faire le moindre effort les coups assénés par ce
dernier, elle le trancha en deux d'un revers de lame, aussi facilement que si cela avait été une feuille
d'arbre.
Un silence de plomb s'était abattu sur les lieux. Tous regardaient cette inconnue, qui gardait
la tête baissée comme si elle se préparait à un second assaut. Ses habits étaient très différents de ce
que l'on voyait sur Tython, de même que son arme, et, pourtant, je ressentais la Force s'écouler à
travers elle. M'avançant, je la félicitais pour sa bravoure et son adresse, et m'apprêtais à me
présenter. D'un geste de la main, elle m'interrompit et prit la parole.
- Je vous connais, ma Dame. Vous ne venez pas souvent dans le coin, mais vos visites
provoquent toujours quelques remous. Il n'est certes pas courant qu'une Jedi ayant goûté à l'attrait
du côté obscur rejoigne les Fils de Mandalore, mais reste suffisament attachée à son ancienne vie
pour revenir sur Tython de temps à autre.
- Comment pouvez-vous savoir ça ? dis-je en mettant machinalement la main sur la poignée
de mon sabre. Nul ici n'est censé...
-...connaitre cette histoire ? Oh mais moi si, Dame Briggid. Pour la simple raison que c'est à
vous, alors que vous n'étiez encore qu'une padawan parmi d'autres, que je dois de ne plus pouvoir
admirer un lever ou un coucher de soleil.
Relevant la tête, elle me fit face et je pus voir que cette intrigante demoiselle était aveugle...
Nous passâmes le reste de la journée à parler, et elle m'expliqua dans quelles circonstances
nous nous étions rencontrées la première fois.
Elle avait dix ans à cette époque, et adorait parcourir les ruines de Télos pendant que son
père, archéologue spécialisé dans les peuples guerriers, cherchaient désespérément des indices
pouvant le mener aux archives echanis, censées avoir disparues depuis plusieurs centaines d'années.
Peu habitué aux savoirs ésotériques, Palakwi ignorait que ces ruines avaient abrité un
bâtiment où l'étude du combat sous toutes ses formes était plus un art qu'un exercice militaire. Du
haut de ses dis ans, elle considérait les projections holographiques qu'elle voyait en circulant dans
les ruines comme de simples spectacles destinés aux visiteurs. mais son esprit, lui, enregistrait
toutes les connaissances délivrées.
Elle se trouvait au milieu des archives lorsque je pénétrai dans le bâtiment pour la première
fois. Je ne savais pas à l'époque que c'était Siqsa, ma part de ténèbres, qui me poussait à venir en ces
lieux oubliés, et ce pour des raisons fort peu louables.
Palakwi refusa d'entrer dans les détails. Tout ce qu'elle me dit, c'est que lorsque son père
accourut, alerté par ses cris, il la découvrit recroquevillée sur le sol du temple, et que ses yeux lui
étaient devenus inutiles.
Il fallut de longs mois pour qu'elle s'habitue à son nouvel état, et fasse de son handicap une
force dirigée contre ses ennemis. Et plus encore pour qu'elle se décide à me faire face, moi, sa
tortionnaire.
Nous parlâmes plusieurs heures, puis, désireuse de m'isoler pour méditer sur ce que je venais
d'apprendre, je l'isolai dans mes quartiers. La fatigue aidant, je m'endormis assez vite, et me mis à
rêver.
La pièce était plongée dans les ténèbres. Les seules lumières que l'on apercevait provenaient
des diodes qui clignotaient sur les nombreux appareils présents. Il s'agissait visiblement d'un
laboratoire. Une mirialan était penchée au dessus d'une console, occupée à effectuer des contrôles
de dernière minute.
Entendant un bruit derrière elle, elle fit volte-face, un scalpel à la main. Pendant une
seconde, qui me parut durer une éternité, je crus qu'elle m'avait vue, ce qui pourtant était
impossible. c'était un rêve, et par conséquent, ni elle ni moi n'étions physiquement présents. Je
remarquai alors que ses yeux regardaient derrière moi, braqués sur un togruta d'un certain âge.
- Seigneur Jen'itsu, vous voilà enfin. Je commençai à croire que vos ennemis avaient eu
raison de vous.
- Rassurez-vous, ce n'est pas prêt d'arriver. Pourquoi tant d'empressement à me voir,
Ninush ? Des résultats concernant notre patiente préférée ?
- Mon nom, c'est Ninushwodzakut, pas ''Ninush'', je vous l'ai déjà dit. Il signifie ''Noueuse
d'entrailles'', et j'en suis assez fière.
- D'accord, je tacherai de faire attention...
- Merci. Concernant le sujet test, de très bonnes nouvelles : elle est en phase de réveil.
La mirialan se tourna vers la cuve abritant leur spécimen. Elle souriait. Enfin un pas en
avant, après des mois de stagnation. Elle activa l'évacuation progressive du bain de kolto assurant
au sujet une protection contre tout élément pathogène durant la phase de croissance, puis recula.
Elle éprouvait une certaine excitation, mélange de plaisir et de peur. Cela faisait bien longtemps
qu'elle n'avait pas ressenti une telle chose, et cela la troubla quelques instants, avant qu'elle ne se
reprenne et se penche sur les données qui s'affichaient à l'écran.
J'observai cet étrange spectacle sans savoir que faire, ou quoi en penser.
Un gémissement se fit entendre dans la cuve. Le togruta fit un signe de la tête à sa
collaboratrice, et cette dernière enclencha l'ouverture de la cuve. Une forme se mit à remuer à
l'intérieur, et je vis qu'il s'agissait d'une zabrak à la peau claire et aux cheveux intégralement blancs.
Elle se recroquevilla pour expulser hors de ses poumons le reste de fluide qui s'y trouvait, et un mot
jaillit de ses lèvres engourdies par le séjour prolongé dans la cuve.
- Que dit-elle ? voulut savoir le seigneur noir.
- C'est du zabraki. Cela veut dire ''merci'', je crois.
- Bien. Notre programme linguistique semble fonctionner. Nous allons considérer que c'est
son nom alors. Gardez un oeil sur cette ''Daynas'', je vais voir comment se portent nos deux autres
demoiselles.
- Oui, Seigneur.
Jen'itsu traversa deux salles, un long couloir, encore une salle puis aboutit finalement
dans une pièce radicalement différente de celle que nous venions de quitter. On se serait cru dans un
magasin de jouets. Deux enfants s'amusaient, une zabrak à la peau rouge sans et une humaine aux
yeux aussi verts que les miens. Lorsqu'elles virent arriver le togruta, elles se précipitèrent en riant à
ses pieds.
- Doucement, mesdemoiselles. C'est l'heure de partir. Allez vous préparer.
- Déjà ? se plaignit la jeune humaine. Mais j'ai encore envie de jouer, moi.
- Je dois ramener ta camarade auprès des siens, et toi, tu vas devoir rejoindre le Temple
avant qu'on ne s'inquiète de ton absence.
- Briggid, soit raisonnable.
- Mais...
- Il n'y a pas de mais. Allez, jeune fille, ajouta-t-il en se tournant vers la Zabrak, on est
attendu sur Nar Shadaa. Tu connais Dame Onïs. elle n'aime pas attendre.
Assommée par ce que je venais d'entendre, je ne pus les suivre. Ce que j'avais pris pour un
rêve était en fait un souvenir refoulé, oublié, ou dissimulé par une main criminelle. Et celle que
j'avais toujours considéré comme une amie imaginaire lors de mes jeux au Temple avait en fait bel
et bien existé. Qu'est-ce qui se cachait donc d'autre dans les tréfonds de ma mémoire ? Troublée par
ce mystère, je me jurai ce jour là de découvrir l'identité de ma camarade de jeu, et ce qui nous
reliait, si elle était encore en vie. J'avais pour ce faire quelques noms à ma disposition et un lieu, la
tristement célèbre lune des contrebandiers.
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Ven 12 Juin - 18:56

Chapitre 14 : Les larmes d'Aldérande

Lorsque le premier attentat eût lieu, je me trouvais sur Coruscant. Certains sénateurs me
devaient des faveurs, et je comptais bien me servir d'eux pour récupérer les données qu'il me
manquait. Je les sentis peu enclin à se séparer de dossiers qu'ils considéraient comme l'assurance de
garder leur poste à vie, mais ils comprirent vite qu'il était dans leur intérêt de me donner ce que je
voulais.
Je venais de sortir de mon audience lorsque j'entendis quelqu'un hurler. Dans les bas fonds,
cela aurait déjà été suspect, mais là, en plein centre-ville, c'était carrément anormal. Me précipitant
pour voir ce qu' il se passait, je fus aux premières loges pour assister bien malgré moi à la naissance
des ''Larmes d'Aldérande''.
Un homme, un sénateur très en vue qui représentait des familles de victimes agressées par
les Justicars, milice criminelle autoproclamée police que quartier, était allongé sur le sol. Il se
cachait le visage dans ses mains et hurlait comme si on l'écorchait vif. Du sang filtrait entre ses
doigts et s'écoulait en abondance sur le reste de sa personne, donnant une teinte vermeille à ses
riches habits.
Cela faisait un peu plus de dix ans que Coruscant avait été mis à sac par les siths, et les
citoyens se pensaient en sécurité dans leur cité. Une main criminelle venait de leur faire comprendre
que ce n'était pas le cas et ne le serait sans doute jamais.
Je ne pus pour ma part que rager contre mon impuissance à venir en aide au malheureux,
ignorant tout de ce qui le frappait. Les témoins interrogés affirmèrent que personne ne l'avait
approché, qu'il n'avait rien reçu sur le visage, bref, on ignorait complètement ce qu'il s'était passé.
L'homme ne put davantage nous renseigner, car il mourut avant l'arrivée des services de secours.
Les journalistes eurent leur scoop de la semaine, et en profitèrent pour échafauder des
théories plus ridicules les unes que les autres. Tout ce qui comptait pour eux, c'était de faire du
chiffre, peu leur importait de déformer les faits.
Ils furent cependant rapidement rattrapés par la réalité aussi cruelle qu'implacable. Après
Coruscant, cible de choix pour qui voudrait nuire à la République, ce fut au tour de Hoth d'être la
cible d'une attaque. Et les Siths qui durent faire face à cet ennemi invisible.
Territoire neutre, Hoth fait partie des planètes que se disputent depuis des dizaines d'années
les combattants des deux factions majeures de cette guerre insensée. Mais attentifs à une attaque
possible des jedi, les siths ne virent pas l'assaut arriver.
Les rapports diffusés par les autorités et les survivants purent établirent que la situation était
similaire à l'attentat sur Coruscant, sauf que cette fois, ce fut une dizaine de personnes, des
militaires en permission qui sirotaient un verre à la cantina, qui succombèrent.
Les témoins rapportèrent que les victimes pleuraient littéralement du sang. Et lorsque l'on
apprit que les nobles des maisons Alde, Thul et Ulgo avaient dissimulé une attaque similaire sur
leur sol, les journalistes s'empressèrent de baptiser la toxine responsable de ces morts ''les larmes
d'Aldérande''. Ils ne pouvaient s'imaginer qu'ils avaient mis le doigt sur une partie de la vérité en
trouvant cette dénomination tape-à-l’œil...
Autant la République choisit de passer sous silence l'enquête qu'elle mpena pour traquer
l'assassin du sénateur, autant l'Empire rendit ses investigations publiques. Et ce fut une personne de
ma connaissance qui fut chargée de l'enquête : l'agent Daynas.
Lorsque j'entendis ce nom circuler sur l'holonet, je crus défaillir. Une nouvelle fois, on
m'apportait la preuve que ce que j'avais pris pour un rêve était en fait un souvenir refoulé. La jeune
zabrak à la peau claire avait été nommée à la tête du service d'investigations des Renseignements
Impériaux, et on lui demandait de découvrir qui s'attaquait aux grandes figures de l'Empire et de la
République. Et de le faire sans perdre de temps, car le nombre de victimes ne cessait d'augmenter.
Des Seigneurs Siths, des Moffs, des Sénateurs et des Maîtres jedi succombaient à cet étrange mal,
tandis que l'on ne comptait aucun civil parmi les victimes. Comme si la personne qui nous prenait
pour cible ne visait que des gens responsables de la guerre qui nous faisait tant souffrir.
L'enquête de Daynas lui prit des semaines. Mais elle finit par tomber sur une suspecte
intéressante, en visionnant et croisant les données des holocaméras saisies sur les lieux des attaques.
Il s'agissait d'une twi'lek, une mercenaire répondant au nom de Narit, et dont la maîtresse n'était
autre que mon amie d'enfance, celle que je recherchais pour en apprendre plus sur ce passé qui me
tourmentait, la douce et timide Freya...
Pour la zabrak, nul besoin de connaître le pourquoi pour agir. Il suffisait de savoir ''qui''.
Moins d'une heure après qu'elle eût donné l'ordre, il était demandé aux citoyens de Coruscant,
Dromund Kaas et Nar Shaddaa de ''signaler la présence des dénommées Narit et Freya,
recherchées pour actes de terrorisme''. Ordre leur était donné de ''ne pas les approcher ou tenter de
les appréhender, mais d'avertir au plus vite les autorités locales, qui transmettront''. La traque était
lancée.
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Sam 13 Juin - 1:58

Ca sert à quelque chose que je me répète?
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MessageSujet: Re: La traqueuse d'ombres   Lun 15 Juin - 23:21

Wink
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